Un salarié américain sur cinq confie désormais à l’IA le travail qu’il donnait à un collègue
Une enquête menée auprès de 1 106 actifs américains montre que l’IA ne prend pas seulement des tâches en plus. Elle prend la place de la personne à qui on les confiait : un collègue, un stagiaire, un prestataire.
Le laboratoire de recherche Epoch AI et l’institut de sondage Ipsos ont interrogé 1 106 personnes en poste aux États-Unis, du 10 au 19 juillet, sur dix tâches de bureau courantes. Vingt pour cent d’entre elles déclarent qu’au moins une tâche qu’elles déléguaient auparavant à un collègue ou à un prestataire est aujourd’hui faite par une IA. Les résultats ont été largement repris en fin de semaine dernière.
Le détail est plus parlant que le total. Selon les tâches, la part de gens qui s’aident de l’IA va de 25 % (tenir des dossiers à jour) à 57 % (concevoir des logiciels ou des systèmes). Et ce que produit la machine n’est pas systématiquement retravaillé : deux tiers des textes sont gardés tels quels ou avec des retouches mineures. Quand l’IA fait la quasi-totalité d’une tâche, 53 % des répondants disent gagner du temps, contre 37 % lorsqu’elle se contente d’aider.
Le gain n’est pas garanti pour autant : environ une tâche assistée sur six prend plus de temps qu’avant. Ce que décrit l’enquête n’est donc pas une vague de suppressions de postes, mais un déplacement de la délégation. Les travaux qu’on sous-traitait, à un junior, à un indépendant, à une petite agence, sont les premiers à partir vers la machine. Les activités bâties sur ces missions ponctuelles, rédaction, mise en forme, recherche, saisie, voient leur premier client se transformer en abonnement logiciel.