Le Vietnam impose des contrôles obligatoires à 46 usages de l’intelligence artificielle
Depuis samedi, le Vietnam applique une liste officielle de 46 systèmes d’IA jugés dangereux. Les entreprises qui les vendent ou les exploitent dans le pays doivent prouver qu’ils respectent les règles avant de les mettre en service.
Le texte, adopté fin juin, est entré en vigueur le 15 août. Il recense 46 usages de l’IA considérés comme risqués pour la vie, la santé, les droits des personnes ou la sécurité nationale. La répartition en dit long sur les priorités du pays : 31 concernent les transports, 7 les questions ethniques et religieuses, 3 l’éducation, 2 la santé, 2 la banque et 1 la justice. Fournisseurs comme exploitants devront passer une évaluation de conformité (un contrôle officiel qui vérifie qu’un produit respecte la réglementation) avant toute mise en service.
Les systèmes déjà en fonctionnement bénéficient d’un délai : mars 2027 pour la plupart, septembre 2027 pour l’éducation, la santé et la banque. Le Vietnam marche dans les pas du règlement européen sur l’IA, qui classe lui aussi les usages par niveau de risque et impose des obligations renforcées aux plus sensibles. Deux continents, deux textes différents, la même logique de classement.
Ce mouvement change la façon de vendre un logiciel à l’étranger. Une même fonction, trier des candidatures, noter un dossier de crédit, assister un conducteur, peut être anodine dans un pays et classée à haut risque dans un autre, avec dossier technique, audit et délai supplémentaire à la clé. Les équipes qui vendent un outil contenant de l’IA hors de leurs frontières doivent désormais lire leur liste de pays comme une liste de régimes de conformité à vérifier un par un.