Le Royaume-Uni promettait 400 milliards de livres grâce à l’IA, un chiffre tiré d’une étude payée par Google
Pendant près de 2 ans, le gouvernement britannique a répété ce montant. Son ministre de l’IA reconnaît que sa propre estimation est environ 3 fois plus basse.

Depuis début 2025, le gouvernement britannique affirmait que l’IA pourrait ajouter 400 milliards de livres sterling à l’économie du pays d’ici 2030. Le chiffre figurait dans son grand plan national sur l’IA. Dans une réponse écrite au Parlement, le ministre chargé de l’IA, Kanishka Narayan, a précisé d’où il venait : une étude de 2023 réalisée par le cabinet Public First, à la demande de Google.
L’estimation du gouvernement lui-même est bien plus modeste : environ 120 milliards de livres d’ici 2030, dans une fourchette de 55 à 140 milliards que le ministre qualifie de « très incertaine ». Les 2 chiffres ne mesurent pas tout à fait la même chose : l’étude de Google comptait la « valeur » créée par les outils d’IA, le gouvernement mesure la richesse réellement produite. Le ministre n’a pas pour autant retiré le chiffre de 400 milliards.
C’est la première fois que le gouvernement place les 2 estimations côte à côte. Quand une entreprise qui vend de l’IA finance l’étude qui chiffre les bienfaits de l’IA, le montant mérite un deuxième regard. Le réflexe vaut aussi pour les gains de productivité promis dans les plaquettes commerciales des outils que l’on vous propose.