L’Europe impose à ChatGPT les règles réservées aux très grandes plateformes
La Commission européenne a rangé ChatGPT dans la catégorie des services en ligne les plus surveillés. OpenAI devra désormais montrer comment son assistant peut nuire, et se laisser contrôler.

Le 31 août, la Commission européenne a désigné ChatGPT comme « très grand moteur de recherche en ligne » au titre du DSA (le règlement européen sur les services numériques, qui encadre les plus grandes plateformes depuis 2023). Motif : ChatGPT déclare 159 millions d’utilisateurs actifs par mois dans l’Union, très au-dessus du seuil de 45 millions qui déclenche le régime le plus strict. Reddit et Roblox ont été désignés le même jour. C’est la première fois qu’un assistant conversationnel entre dans cette catégorie.
Le classement repose sur un point précis : ChatGPT répond aux questions en allant chercher des informations sur le web, ce qui en fait, aux yeux de Bruxelles, un moteur de recherche. OpenAI a quatre mois pour se mettre en conformité. Il devra évaluer chaque année les risques dits systémiques de son service (contenus illégaux, protection des mineurs, droits fondamentaux, processus électoraux, sécurité publique), accepter des audits indépendants et ouvrir ses données à des chercheurs agréés. L’amende peut atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial.
Vingt-huit services relèvent maintenant de ce régime renforcé. Ce qui arrive à ChatGPT trace la ligne pour tous les assistants grand public en Europe : un outil qui répond en s’appuyant sur le web y est traité comme un média de masse, avec obligation de transparence sur ses réponses et ses données. Les activités bâties sur ces assistants gagnent un cadre plus prévisible, au prix d’un rythme d’évolution plus lent en Europe qu’ailleurs.