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Au sommaire
5 actus · 1 chiffre
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L’Europe impose à ChatGPT les règles réservées aux très grandes plateformes
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Un logiciel espion vole les connexions Claude déjà ouvertes et vide les abonnements
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La publicité dans ChatGPT rapporte déjà un milliard de dollars par an
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Nvidia investit 3,5 milliards de dollars pour que les puces de ses rivaux restent branchées chez lui
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Six assistants IA testés face à la propagande d’État : ils démentent trois fois sur quatre
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Le chiffre
73 % : part des entreprises où c’est le dirigeant qui a lancé l’IA.
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01
L’Europe impose à ChatGPT les règles réservées aux très grandes plateformes
La Commission européenne a rangé ChatGPT dans la catégorie des services en ligne les plus surveillés. OpenAI devra désormais montrer comment son assistant peut nuire, et se laisser contrôler.
Le 31 août, la Commission européenne a désigné ChatGPT comme « très grand moteur de recherche en ligne » au titre du DSA (le règlement européen sur les services numériques, qui encadre les plus grandes plateformes depuis 2023). Motif : ChatGPT déclare 159 millions d’utilisateurs actifs par mois dans l’Union, très au-dessus du seuil de 45 millions qui déclenche le régime le plus strict. Reddit et Roblox ont été désignés le même jour. C’est la première fois qu’un assistant conversationnel entre dans cette catégorie.
Le classement repose sur un point précis : ChatGPT répond aux questions en allant chercher des informations sur le web, ce qui en fait, aux yeux de Bruxelles, un moteur de recherche. OpenAI a quatre mois pour se mettre en conformité. Il devra évaluer chaque année les risques dits systémiques de son service (contenus illégaux, protection des mineurs, droits fondamentaux, processus électoraux, sécurité publique), accepter des audits indépendants et ouvrir ses données à des chercheurs agréés. L’amende peut atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial.
Vingt-huit services relèvent maintenant de ce régime renforcé. Ce qui arrive à ChatGPT trace la ligne pour tous les assistants grand public en Europe : un outil qui répond en s’appuyant sur le web y est traité comme un média de masse, avec obligation de transparence sur ses réponses et ses données. Les activités bâties sur ces assistants gagnent un cadre plus prévisible, au prix d’un rythme d’évolution plus lent en Europe qu’ailleurs.
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02
Un logiciel espion vole les connexions Claude déjà ouvertes et vide les abonnements
Anthropic a prévenu ses utilisateurs : des programmes malveillants installés sur leurs ordinateurs récupèrent leurs sessions en cours et s’en servent pour consommer leur forfait. Le mot de passe n’y change rien.
Le 30 août, Anthropic a annoncé avoir repéré un attaquant qui se sert d’infostealers (des logiciels espions courants qui aspirent les données stockées dans le navigateur) pour voler des connexions Claude. Cinq familles ont été identifiées sur Windows : Vidar, LummaC2, StealC, RedLine et Acreed, plus Atomic Stealer sur un petit nombre de Mac. Ces programmes arrivent le plus souvent par un logiciel piraté ou une application douteuse, pas par une faille de Claude.
Le mécanisme mérite d’être compris, car il vaut pour à peu près tous vos comptes en ligne. Le voleur ne prend pas votre mot de passe : il prend le cookie de session (le petit fichier qui prouve au site que vous êtes déjà connecté). Avec ce fichier, il rejoue votre connexion telle quelle. La double authentification et l’authentification unique de l’entreprise sont contournées, puisqu’elles ont déjà été franchies au moment où le fichier a été créé.
Anthropic a révoqué les sessions compromises, déconnecté les comptes touchés, supprimé les moyens de paiement enregistrés et remboursé les débits identifiés comme non autorisés. L’entreprise insiste sur un point : la déconnexion arrête le vol en cours, elle ne retire pas le logiciel espion. Tant qu’il reste sur la machine, la connexion suivante sera volée de la même façon. Nettoyer le poste passe donc avant de réenregistrer une carte bancaire.
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03
La publicité dans ChatGPT rapporte déjà un milliard de dollars par an
Six mois après ses premiers essais, la régie publicitaire d’OpenAI atteint un rythme d’un milliard de dollars par an. Et depuis lundi, les annonceurs européens peuvent acheter ces espaces eux-mêmes.
OpenAI a annoncé le 31 août que la publicité diffusée dans ChatGPT avait franchi le milliard de dollars en rythme annualisé (le chiffre d’affaires du dernier mois ramené à douze mois). L’activité a environ 200 jours. En mars, le test américain pesait 100 millions : elle a donc été multipliée par dix depuis. Les publicités s’affichent chez les utilisateurs de l’offre gratuite et de l’abonnement Go, pas dans les formules supérieures.
Le fait le plus concret est ailleurs. OpenAI a ouvert lundi sa plateforme en libre-service aux annonceurs d’Europe, d’Inde, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, alors que ses publicités tournent déjà dans plus de 40 pays. Libre-service veut dire qu’une petite structure peut créer un compte, fixer un budget et lancer une campagne seule, sans négocier avec un commercial, comme elle le ferait chez Google ou Meta.
Un espace publicitaire s’ouvre donc là où des centaines de millions de personnes posent leurs questions avant d’acheter. OpenAI vise 2,5 milliards de dollars sur l’année. Le canal est neuf, encore peu encombré, mais ses règles de ciblage et surtout de mesure sont jeunes : les premiers arrivés paieront moins cher, à condition d’accepter de piloter à vue pendant quelques mois.
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04
Nvidia investit 3,5 milliards de dollars pour que les puces de ses rivaux restent branchées chez lui
Nvidia a acheté pour 3,5 milliards de dollars d’obligations émises par le taïwanais MediaTek. En échange, d’autres industriels pourront concevoir leurs propres puces d’IA, à condition qu’elles se connectent à ses machines.
Nvidia a annoncé le 31 août avoir souscrit 3,5 milliards de dollars d’obligations convertibles (une dette qui peut plus tard être transformée en actions) émises par MediaTek. C’est la plus grosse opération de ce type jamais menée par le groupe taïwanais, 3,9 milliards au total. Alphabet, la maison mère de Google, y a également participé sans préciser son montant.
La contrepartie est technique. MediaTek pourra proposer à ses clients de dessiner leurs propres puces d’IA en utilisant NVLink Fusion, la technologie de connexion de Nvidia. Autrement dit, un industriel qui veut sa puce maison ne quitte pas pour autant l’univers Nvidia : sa puce vient se brancher sur les grands ensembles de serveurs du leader, avec les connecteurs et la mémoire fournis par ce dernier.
Le calcul est défensif. Les plus gros clients de Nvidia conçoivent aujourd’hui leurs propres processeurs pour payer moins cher leurs calculs. Plutôt que de perdre ces volumes, Nvidia s’arrange pour que ces puces maison restent dépendantes de son architecture. MediaTek, connu jusqu’ici pour ses puces de smartphones, avait fait approuver en juillet un plan de financement de 5 milliards de dollars pour se faire une place dans les centres de données.
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05
Six assistants IA testés face à la propagande d’État : ils démentent trois fois sur quatre
La radio publique américaine NPR et l’organisme de notation NewsGuard ont soumis six assistants IA et quatre moteurs de recherche à trente questions piégées. Les assistants s’en sortent mieux que prévu.
L’étude, publiée le 30 août, part de quinze récits faux repérés entre décembre 2025 et juillet 2026, diffusés par la Chine, l’Iran et la Russie ou par des acteurs proches de ces États. Trente questions en ont été tirées, puis posées à ChatGPT, Gemini, Copilot, Meta AI, Claude et Grok, ainsi qu’aux moteurs Google, Bing, DuckDuckGo et Yandex. En moyenne, les assistants ont démonté la fausse affirmation environ trois fois sur quatre. Interrogés sur un monastère prétendument bombardé par l’Ukraine, tous ont signalé que la question reposait sur une prémisse fausse issue d’une campagne de désinformation russe.
Les résumés automatiques affichés en tête des moteurs de recherche font nettement moins bien. Celui de Google reste le meilleur du lot et dément la majorité des récits, celui de Bing échoue le plus souvent, DuckDuckGo se situe entre les deux. Les chercheurs relèvent par ailleurs qu’environ une affirmation sur neuf dans les résumés de Google n’est pas soutenue par les sources citées juste à côté, certaines étant même inventées.
Le résultat prend à revers une inquiétude répandue : sur ce terrain précis, un assistant conversationnel se montre plus prudent qu’une page de résultats. Cela ne vaut pas blanc-seing pour autant. Trois bonnes réponses sur quatre en laissent une à côté, et la faiblesse se concentre exactement là où la plupart des gens lisent sans jamais cliquer, dans le résumé posé en haut de la page.
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Le chiffre
73 %
des entreprises qui ont adopté l’IA l’ont fait à l’initiative du dirigeant
Ce chiffre porte sur les entreprises françaises qui ont déjà mis en place un outil d’intelligence artificielle. Il indique qui, à l’intérieur de l’entreprise, a lancé le mouvement.
Dans près de trois cas sur quatre, la personne à l’origine de la mise en place de l’IA est le dirigeant lui-même. Ni le service informatique, ni un prestataire extérieur, ni une demande montée des équipes. Les salariés, eux, sont à l’initiative dans environ quatre cas sur dix.
Cette répartition dit quelque chose de simple sur la nature du sujet. L’IA n’entre pas dans une entreprise comme un logiciel de comptabilité, choisi par un service et déployé par un autre. Elle entre par le haut, parce qu’elle touche à l’organisation du travail, aux priorités et aux budgets.
L’envers de ce chiffre est moins confortable. Quand l’impulsion vient d’une seule personne, la suite dépend de sa disponibilité et de sa compréhension du sujet. Un dirigeant qui lance l’idée sans délimiter les usages laisse ses équipes deviner, et le calendrier de toute l’entreprise se cale alors sur celui d’une seule tête.
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