Deux IA s’affrontent en boucle : l’une attaque le réseau, l’autre le répare
Un éditeur américain de sécurité a présenté le 1er septembre un système où un modèle cherche les failles d’une entreprise pendant qu’un second les corrige, sans intervention humaine.
Le dispositif s’appelle SafeMind, il vient de CrowdStrike et repose sur deux modèles construits avec Nvidia. Le premier, Red Tempest, joue l’attaquant : entraîné sur quinze ans d’interventions réelles menées après des piratages, il cherche les chemins d’intrusion. Le second, Blue Solano, joue le défenseur : il analyse chaque brèche trouvée et déploie la correction. La boucle recommence jusqu’à ce qu’aucun chemin exploitable ne subsiste.
L’attaque ne vise pas le vrai réseau de l’entreprise, mais son jumeau numérique (une copie fidèle du système informatique, sur laquelle on peut tout casser sans conséquence). C’est ce qui rend l’exercice acceptable. Jusqu’ici, un test d’intrusion se commandait une ou deux fois par an à un prestataire, coûtait cher, et donnait une photographie périmée dès la mise à jour suivante. Là, l’exercice tourne en continu, à la vitesse de la machine.
Aucun tarif n’a été communiqué, et l’outil s’adresse à de grandes entreprises déjà clientes. Le déplacement, lui, concerne tout le monde : la sécurité informatique quitte le rapport annuel pour devenir une surveillance permanente, tout simplement parce que les attaquants ont eux aussi automatisé. Pour une petite structure, la version accessible de ce principe tient en une phrase. Ce ne sont pas les audits qui protègent, c’est la fréquence des mises à jour et la rapidité à couper un accès devenu inutile.