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Au sommaire
5 actus · 1 Outil
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Washington déclare légal d’entraîner une IA sur des textes protégés
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Chez Meta, des salariés gonflaient leur usage de l’IA pour être bien notés
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Wonderful vaut 5 milliards de dollars vingt mois après sa création
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ChatGPT peut désormais lire le dossier médical de 325 millions de patients
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Deux IA s’affrontent en boucle : l’une attaque le réseau, l’autre le répare
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L’Outil
Gamma : fabriquer une présentation complète à partir d’un texte collé.
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01
Washington déclare légal d’entraîner une IA sur des textes protégés
Le ministère américain de la Justice est intervenu dans le procès qui oppose le New York Times à OpenAI. Sa position : lire des œuvres protégées pour fabriquer un modèle ne viole pas le droit d’auteur.
Le 1er septembre, le ministère de la Justice a déposé devant le tribunal fédéral de New York une prise de position officielle dans un procès où il n’est pas partie. C’est la première fois que l’État fédéral s’exprime dans la série de plaintes lancées depuis deux ans par des journaux, des auteurs, des éditeurs et des maisons de disques contre les fabricants d’IA. Le texte est sans ambiguïté : entraîner un modèle sur des textes protégés relève du fair use (l’exception américaine qui autorise certains usages d’une œuvre sans demander l’autorisation).
L’argument tient en deux temps. D’abord, l’entraînement serait « extrêmement transformatif » : il convertit des phrases en valeurs numériques, il ne produit pas un article que quelqu’un lira à la place de l’original. Ensuite, un raisonnement économique. Obliger à payer une licence pour chaque texte d’entraînement ne protégerait pas les petits éditeurs : cela réserverait la fabrication de modèles aux entreprises capables de signer des chèques à neuf chiffres, et donnerait un avantage durable aux groupes de presse assis sur de grandes archives.
Une prise de position de ce type n’a aucune valeur contraignante, et le juge reste libre de trancher autrement. Elle pèse tout de même. Si elle est suivie, l’idée de facturer l’entraînement d’un modèle sur son contenu s’éteint. Ce qui restera négociable, c’est l’affichage : le moment où une IA recopie ou résume vos pages dans sa réponse. Pour qui publie en ligne, la valeur ne se déplace donc pas vers la licence, mais vers ce que le modèle cite, et vers ce qu’il ne sait pas fabriquer seul.
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02
Chez Meta, des salariés gonflaient leur usage de l’IA pour être bien notés
L’entreprise évaluait ses ingénieurs sur la quantité d’intelligence artificielle qu’ils consommaient. Résultat : une course aux compteurs. La mesure vient d’être retirée des entretiens annuels.
Le 2 septembre, deux dirigeants de Meta ont envoyé aux équipes techniques une version révisée des critères d’évaluation. Deux éléments disparaissent : les tableaux de bord d’adoption de l’IA, et le décompte de jetons (les unités de texte facturées chaque fois qu’on interroge un modèle). Ces indicateurs entraient jusqu’ici dans la note de performance annuelle, celle qui décide des promotions et des augmentations.
Le problème est apparu très vite. Des salariés se sont mis à solliciter les outils plus souvent, non pour travailler mieux, mais pour faire monter leur compteur. Un ingénieur a monté un classement interne des plus gros consommateurs, avec des titres honorifiques à la clé. Le mot « tokenmaxxing » a circulé dans les couloirs : maximiser sa consommation pour bien figurer. La nouvelle formulation est plus sobre, un résultat « peut être obtenu avec l’aide de l’IA ou par d’autres moyens », et les consignes qui imposaient tel outil pour telle tâche ont été supprimées.
L’IA reste encouragée chez Meta, qui déploie en parallèle son agent interne baptisé Hatch. Ce qui change, c’est l’objet de la mesure. Compter les requêtes revient à mesurer l’effort, jamais le résultat, et un indicateur d’effort finit toujours par être joué par ceux qu’il note. Si vous voulez suivre l’IA dans votre équipe, la question utile n’est pas combien de fois l’outil a été ouvert, mais quelle tâche a disparu du planning depuis qu’il est arrivé.
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03
Wonderful vaut 5 milliards de dollars vingt mois après sa création
Cette entreprise néerlando-israélienne a levé 550 millions de dollars le 2 septembre. Elle vend le socle qui fait travailler ensemble tous les agents IA d’une société.
Le tour de table (opération par laquelle une entreprise vend une part de son capital à des investisseurs) a été mené par Insight Partners, avec Index Ventures, IVP, Bessemer et, pour la première fois, Salesforce. Six mois plus tôt, Wonderful valait 2 milliards de dollars. Elle en vaut 5 aujourd’hui, pour une société fondée début 2025, présente dans plus de 35 marchés, forte d’environ 650 salariés, et dont les revenus récurrents devraient dépasser 100 millions de dollars d’ici la fin de l’année.
Ce qu’elle vend tient en une idée simple. Une entreprise qui adopte l’IA se retrouve vite avec un agent qui répond aux clients, un deuxième qui traite les factures, un troisième qui relance les impayés : achetés séparément, sans se parler, et sans règles communes. Wonderful propose la couche en dessous, un endroit unique où l’on déclare les procédures, les accès aux logiciels et les modèles autorisés, dans lequel tous les agents viennent puiser. Le produit est agnostique, c’est-à-dire qu’il fonctionne avec n’importe quel modèle sans en imposer un.
Le signal dépasse cette seule entreprise. Les investisseurs ne paient plus pour un agent qui exécute une tâche, ils paient pour la plomberie qui les coordonne. C’est la bascule qu’a connue le web il y a vingt ans : le métier rentable n’était pas la page, c’était le logiciel qui gérait toutes les pages. Pour une petite équipe, la leçon est immédiate. Avant d’empiler un troisième outil d’IA, décidez où seront écrites les règles communes et qui a le droit d’y toucher.
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04
ChatGPT peut désormais lire le dossier médical de 325 millions de patients
OpenAI a relié sa version santé à Epic, le logiciel qui détient les dossiers de la plupart des hôpitaux américains. Le médecin interroge le dossier en langage courant ; l’IA lit, mais n’écrit rien.
Annoncée le 1er septembre, la connexion vise les soignants, pas les patients. Depuis ChatGPT Health, un médecin importe les notes de consultation, les résultats d’analyses, la liste des médicaments et les comptes rendus de spécialistes, puis pose ses questions normalement : ce qui a changé depuis six mois, ce qu’il faut préparer avant le prochain rendez-vous. L’accès est en lecture seule, l’IA ne modifie jamais le dossier. Un second module va chercher les essais cliniques en cours, les notices de médicaments et les publications scientifiques.
L’ordre de grandeur explique l’attention portée à l’annonce. Epic détient les dossiers de plus de 325 millions de patients. OpenAI affirme par ailleurs recevoir 300 millions de questions liées à la santé chaque semaine, et avoir fait noter 4 363 réponses par des médecins, jugées sûres dans 99,1 % des cas. Le chiffre rassure sur le papier. Il signifie aussi qu’environ une réponse sur cent a posé un problème, sur un sujet où l’erreur ne se rattrape pas toujours.
Rien de tout cela n’est disponible en France, où les dossiers médicaux ne circulent pas dans ce cadre. L’enseignement est ailleurs. Le logiciel qui détient vos données devient le point d’entrée obligé de l’IA : celui qui tient le fichier tient la conversation, et encaisse la valeur. La question à poser à vos propres fournisseurs est exactement celle-là. Votre logiciel de gestion laisse-t-il une IA lire vos données, laquelle, et avec quelles garanties écrites.
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05
Deux IA s’affrontent en boucle : l’une attaque le réseau, l’autre le répare
Un éditeur américain de sécurité a présenté le 1er septembre un système où un modèle cherche les failles d’une entreprise pendant qu’un second les corrige, sans intervention humaine.
Le dispositif s’appelle SafeMind, il vient de CrowdStrike et repose sur deux modèles construits avec Nvidia. Le premier, Red Tempest, joue l’attaquant : entraîné sur quinze ans d’interventions réelles menées après des piratages, il cherche les chemins d’intrusion. Le second, Blue Solano, joue le défenseur : il analyse chaque brèche trouvée et déploie la correction. La boucle recommence jusqu’à ce qu’aucun chemin exploitable ne subsiste.
L’attaque ne vise pas le vrai réseau de l’entreprise, mais son jumeau numérique (une copie fidèle du système informatique, sur laquelle on peut tout casser sans conséquence). C’est ce qui rend l’exercice acceptable. Jusqu’ici, un test d’intrusion se commandait une ou deux fois par an à un prestataire, coûtait cher, et donnait une photographie périmée dès la mise à jour suivante. Là, l’exercice tourne en continu, à la vitesse de la machine.
Aucun tarif n’a été communiqué, et l’outil s’adresse à de grandes entreprises déjà clientes. Le déplacement, lui, concerne tout le monde : la sécurité informatique quitte le rapport annuel pour devenir une surveillance permanente, tout simplement parce que les attaquants ont eux aussi automatisé. Pour une petite structure, la version accessible de ce principe tient en une phrase. Ce ne sont pas les audits qui protègent, c’est la fréquence des mises à jour et la rapidité à couper un accès devenu inutile.
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L’Outil
Gamma
Gamma · Freemium · présentations et documents · navigateur, sans installation
Gamma fabrique une présentation, un document ou une page web complète à partir d’une phrase ou d’un texte que vous collez, avec la mise en page, les images et les couleurs déjà en place.
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Tarif
Freemium. La création d’un compte donne 400 crédits, et c’est le point à connaître avant de s’emballer : ces crédits sont offerts une seule fois, ils ne se rechargent pas chaque mois. Une présentation en consomme quelques dizaines, ce qui laisse largement de quoi produire plusieurs documents et juger sur pièces. Les exports gratuits portent une petite mention Gamma en bas de page.
Ensuite, trois formules individuelles : Plus à 12 dollars par mois (1 000 crédits rechargés tous les mois, mention retirée, documents plus longs), Pro à 25 dollars (4 000 crédits, images de meilleure qualité, nom de domaine à vous, statistiques de lecture), Ultra à 100 dollars. Pour une équipe, comptez 20 dollars par mois et par personne. L’engagement annuel fait baisser la note d’environ un tiers. Vérifiez la page tarifs avant de payer, les crédits évoluent souvent.
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À quoi ça sert : vous avez une réunion demain et pas de support. Un dossier pour un investisseur, une proposition commerciale, un compte rendu de projet, une page d’offre à envoyer par lien. Vous décrivez le sujet en deux phrases, ou vous collez un texte déjà écrit, et vous récupérez un document complet : titres, texte, images, schémas simples, mise en page cohérente. Le résultat s’ouvre dans le navigateur, se partage par lien, et s’exporte en PowerPoint ou en PDF si votre interlocuteur préfère un fichier.
Comment l’utiliser : 1) créez un compte gratuit sur le site et choisissez le format voulu, présentation, document ou page web ; 2) collez votre propre texte plutôt que de partir d’une phrase vague, plus vous donnez de matière, moins l’outil invente ; 3) indiquez le nombre de pages et la langue, puis choisissez un thème visuel ; 4) relisez et corrigez directement dans la page, chaque bloc se modifie comme un document texte ordinaire ; 5) partagez le lien, ou exportez en PowerPoint ou en PDF.
Cas PME : un cabinet de conseil de six personnes répond à quatre appels d’offres par mois, et chaque réponse coûte une journée de mise en page à quelqu’un qui n’est pas graphiste. Cette semaine, l’associé colle dans Gamma la trame commerciale déjà rédigée, obtient un dossier présentable en vingt minutes, et remet le temps gagné sur le contenu de l’offre. Les crédits gratuits couvrent les deux premières réponses. Si le rythme tient, la formule à 12 dollars par mois revient moins cher qu’une heure de graphiste.
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À ne pas confondre
Ce n’est pas un outil de design libre. Gamma travaille par blocs : il ne remplace ni un graphiste pour une identité de marque, ni un logiciel de mise en page pour une plaquette imprimée. Deux réflexes avant d’envoyer un document : relisez les chiffres, l’outil complète parfois un tableau avec des valeurs plausibles mais fausses, et ne collez pas de données clients confidentielles dans un compte gratuit.
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