Chez Anthropic, l’IA utilisée par les salariés vaut plus que leurs salaires
Comptée au prix payé par les clients, la consommation interne de Claude dépasse chaque mois la masse salariale depuis avril. C’est écrit dans le dossier d’entrée en Bourse.

Anthropic, l’entreprise qui fabrique Claude, prépare son entrée en Bourse. Lundi 2 novembre, elle a déposé une version mise à jour de son dossier auprès du gendarme boursier américain. On y apprend que l’usage de Claude par ses propres équipes, s’il était facturé au tarif public, coûterait chaque mois plus cher que tous les salaires versés, hors actions attribuées aux salariés. Le seuil a été franchi en avril 2026.
La progression est vertigineuse : cette consommation interne a été multipliée par plus de 250 entre janvier et septembre. En septembre, plus de 90 % du code ajouté aux logiciels de l’entreprise a été écrit par Claude. Même la petite équipe de 15 personnes qui conçoit les puces maison s’en sert. Le dossier donne aussi les comptes du troisième trimestre : environ 17 milliards de dollars de chiffre d’affaires, pour 23,3 milliards de pertes.
Ce chiffre se lit avec prudence. Anthropic ne dépense pas plus d’argent en IA qu’en salaires : elle valorise ce qu’elle consomme au prix catalogue, alors que le coût réel de ses machines est bien plus bas et n’est pas publié. Ce que le chiffre montre, c’est la place prise par l’IA dans le travail de tous les jours, pas le remplacement des salariés par des machines.