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Bon mercredi à tous.
Jusqu’où laisser agir l’IA dans l’entreprise ? Goldman Sachs serre la vis et reprend Claude Code à ses banquiers et à ses traders. Anthropic fait l’inverse : chez elle, l’IA utilisée par les salariés vaut désormais plus que leurs salaires. Et au Royaume-Uni, une procureure montre ce que coûte une IA laissée sans contrôle : elle a cité devant la justice une décision qui n’a jamais existé. En fin d’édition, un Skill pour faire parler de votre entreprise dans la presse.
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Au sommaire
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Goldman Sachs retire Claude Code à ses banquiers et à ses traders
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Chez Anthropic, l’IA utilisée par les salariés vaut plus que leurs salaires
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Salesforce rachète Cresta pour que l’IA réponde au téléphone à vos clients
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Au Royaume-Uni, une procureure cite devant la justice une décision qui n’a jamais existé
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Palantir gagne désormais plus avec les entreprises américaines qu’avec l’État
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01
Goldman Sachs retire Claude Code à ses banquiers et à ses traders
Pendant des mois, la banque les a laissés fabriquer leurs propres outils avec l’IA. Depuis octobre, seuls ses 12 000 ingénieurs y ont encore accès.
Claude Code (l’assistant d’Anthropic qui écrit et lance du code sur un ordinateur) et GitHub Copilot, son équivalent chez Microsoft, étaient ouverts à une partie des banquiers et des traders de Goldman Sachs. Ils s’en servaient pour suivre les ordres passés par leurs clients ou pour produire des documents, des tableaux et des graphiques. Une consigne interne publiée en octobre, connue lundi, réserve désormais ces outils aux ingénieurs de la banque.
Le revirement est net. En juillet, le directeur informatique Marco Argenti vantait encore le « vibe coding » (fabriquer un petit logiciel en le décrivant avec des phrases, sans savoir programmer) pratiqué par des salariés non techniques. Leurs créations étaient ensuite reprises par un ingénieur pour être fiabilisées. La décision a agacé une partie des traders, qui avaient pris l’habitude de ces outils.
La banque parle d’une période de test arrivée à son terme. Elle dit avoir pesé « la productivité et la gestion des risques » avant de confier chaque outil à ceux qui en tirent le meilleur parti. L’assistant IA maison de Goldman reste, lui, ouvert à tous les salariés. Ce qui est retiré, ce sont les outils capables d’écrire et de lancer des programmes, donc de toucher à des fichiers et à des données sensibles.
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Ce recul ne dit pas que l’IA est inutile hors des équipes techniques. Il dit qu’un outil qui agit directement sur un ordinateur demande des règles. Dans une petite entreprise, la question se pose aussi : qui a le droit d’utiliser un assistant capable de modifier des fichiers, et sur quelles données ? Mieux vaut l’écrire dès maintenant, avant que chacun ne bricole ses propres outils dans son coin. Goldman a 12 000 ingénieurs pour reprendre ce qui a été fabriqué à la va-vite. Vous, probablement pas.
Une entreprise peut-elle encourager ses salariés à utiliser l’IA, puis leur retirer les outils devenus indispensables ?
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02
Chez Anthropic, l’IA utilisée par les salariés vaut plus que leurs salaires
Comptée au prix payé par les clients, la consommation interne de Claude dépasse chaque mois la masse salariale depuis avril. C’est écrit dans le dossier d’entrée en Bourse.
Anthropic, l’entreprise qui fabrique Claude, prépare son entrée en Bourse. Lundi 2 novembre, elle a déposé une version mise à jour de son dossier auprès du gendarme boursier américain. On y apprend que l’usage de Claude par ses propres équipes, s’il était facturé au tarif public, coûterait chaque mois plus cher que tous les salaires versés, hors actions attribuées aux salariés. Le seuil a été franchi en avril 2026.
La progression est vertigineuse : cette consommation interne a été multipliée par plus de 250 entre janvier et septembre. En septembre, plus de 90 % du code ajouté aux logiciels de l’entreprise a été écrit par Claude. Même la petite équipe de 15 personnes qui conçoit les puces maison s’en sert. Le dossier donne aussi les comptes du troisième trimestre : environ 17 milliards de dollars de chiffre d’affaires, pour 23,3 milliards de pertes.
Ce chiffre se lit avec prudence. Anthropic ne dépense pas plus d’argent en IA qu’en salaires : elle valorise ce qu’elle consomme au prix catalogue, alors que le coût réel de ses machines est bien plus bas et n’est pas publié. Ce que le chiffre montre, c’est la place prise par l’IA dans le travail de tous les jours, pas le remplacement des salariés par des machines.
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03
Salesforce rachète Cresta pour que l’IA réponde au téléphone à vos clients
Le géant du logiciel de gestion client paierait 2,7 milliards de dollars pour cette jeune entreprise spécialisée dans les agents vocaux.
Salesforce édite l’un des logiciels les plus utilisés au monde pour suivre ses clients et ses ventes, ce qu’on appelle un CRM (le fichier client de l’entreprise, avec l’historique de tous les échanges). Lundi, il a annoncé le rachat de Cresta, une entreprise californienne qui fabrique des agents vocaux : des IA capables de décrocher, de comprendre la demande d’un client et de la traiter seules. Le prix n’a pas été communiqué officiellement, mais il atteindrait 2,7 milliards de dollars.
Cresta ne se contente pas de remplacer les conseillers. Son logiciel écoute aussi les appels traités par des humains, leur souffle en direct la bonne réponse, puis analyse chaque conversation pour repérer ce qui marche. En 2022, l’entreprise était valorisée 1,6 milliard de dollars. Salesforce veut brancher ces voix sur ses propres agents, qui répondent déjà aux clients par écrit, pour couvrir aussi le téléphone.
C’est le 12e rachat de l’année pour Marc Benioff, le patron de Salesforce. En juin, il avait déjà acheté Fin, l’ancien Intercom, spécialiste des agents qui répondent aux clients par écrit, pour environ 3,6 milliards de dollars. L’opération doit être bouclée entre février et avril 2027. Pour les entreprises qui utilisent déjà Salesforce, l’accueil téléphonique par IA deviendra bientôt une simple option à activer.
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04
Au Royaume-Uni, une procureure cite devant la justice une décision qui n’a jamais existé
La référence, recopiée 3 fois dans son dossier, viendrait d’une recherche faite avec un outil d’IA. Les juges ont trouvé ses explications « insatisfaisantes ».
L’affaire a été rendue publique mardi. Une procureure expérimentée du parquet d’Angleterre et du pays de Galles défendait, devant la Haute Cour de Londres, la poursuite d’un mineur. Dans ses écrits, elle s’appuyait à 3 reprises sur un arrêt de cour d’appel daté de 2024. Toutes les parties le reconnaissent aujourd’hui : cet arrêt n’existe pas.
Dans une déclaration du 15 octobre, la procureure a admis une erreur et expliqué qu’elle pensait à une autre décision, rendue en 2009 par la plus haute juridiction de l’époque. La fausse référence proviendrait d’un résumé produit par un outil de recherche à IA, convaincant mais inventé. C’est ce qu’on appelle une hallucination (quand l’IA invente une information en la présentant comme vraie). Deux juges de la Haute Cour ont qualifié ses explications d’« insatisfaisantes ».
L’erreur n’a pas changé l’issue de la procédure, et le parquet rappelle que ses règles imposent une vérification humaine de tout ce que produit l’IA. C’est pourtant la 2e fois cette année que ce service est pris en défaut : en février, un de ses juristes avait déjà cité des décisions imaginaires. Un registre tenu par un juriste britannique recense désormais 101 erreurs liées à l’IA, confirmées ou probables, devant les tribunaux du pays.
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La leçon vaut bien au-delà des tribunaux. Une IA ne se trompe pas en hésitant : elle se trompe avec aplomb, dans un format qui ressemble trait pour trait à une vraie référence. Un chiffre de marché dans un business plan, un article de loi dans vos conditions générales, une étude citée devant un client : tout ce qui sort d’une IA et engage votre crédibilité doit être vérifié à la source. Pas relu. Vérifié, en ouvrant le document d’origine.
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05
Palantir gagne désormais plus avec les entreprises américaines qu’avec l’État
Connue pour ses contrats avec l’armée et le renseignement, l’entreprise a vu ses ventes aux sociétés privées américaines bondir de 148 % en un an.
Palantir fabrique des logiciels qui rassemblent toutes les données d’une organisation pour l’aider à décider, avec de plus en plus d’IA à l’intérieur. L’entreprise s’est fait connaître en travaillant pour l’armée et les services de renseignement américains. Lundi, elle a publié ses résultats du troisième trimestre : 2,31 milliards de dollars de chiffre d’affaires, presque 2 fois plus qu’il y a un an, et 1,13 milliard de bénéfice.
Le chiffre qui frappe est ailleurs. Aux États-Unis, les ventes aux entreprises privées ont atteint 984 millions de dollars, en hausse de 148 %. Pour la première fois, elles dépassent les ventes à l’État américain, à 953 millions. Les grandes entreprises achètent ses outils pour brancher l’IA sur leurs propres données : stocks, commandes, maintenance, finances.
Palantir a relevé sa prévision pour l’année, autour de 8,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le signal dépasse cette seule entreprise : alors que beaucoup de sociétés peinent encore à tirer profit de l’IA, celles qui vendent de quoi l’appliquer à des données bien concrètes voient leurs ventes s’envoler.
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Le Skill
Public Relations
Open source · Corey Haines · MIT
Un Skill qui transforme Claude Code en attaché de presse. Il vous aide à trouver une histoire qui intéresse les journalistes, à leur écrire un message court qui donne envie de répondre, et à réagir vite quand l’actualité vous concerne.
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C’est quoi un Skill ?
Un Skill, c’est un mode d’emploi écrit par quelqu’un d’autre et donné à votre IA. Vous l’installez une fois dans Claude Code (la version de Claude qui travaille directement sur votre ordinateur). Ensuite, vous demandez la tâche en une phrase et l’IA suit la méthode déjà écrite dans le Skill. C’est gratuit, et ce sont de simples fichiers texte que vous pouvez lire avant de vous en servir.
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En quoi c’est utile : un article dans un média, un passage dans un podcast ou une citation dans une newsletter valent souvent plus qu’une publicité. Ils donnent de la crédibilité, et les IA comme ChatGPT s’appuient de plus en plus sur ces articles pour recommander une entreprise. Mais une agence de relations presse coûte cher, et la plupart des messages envoyés aux journalistes finissent à la corbeille. Ce Skill donne à l’IA la méthode d’un professionnel : partir d’une vraie histoire, viser la bonne personne, écrire court.
Ce que ça fait concrètement : 1. Il cherche votre angle. Il range chaque histoire dans l’un de 3 récits qui fonctionnent : la création de l’entreprise, le petit face au géant, ou le système absurde que vous voulez changer. S’il n’y a pas de vraie histoire, il vous le dit plutôt que de vous faire perdre du temps.
2. Il écrit et vérifie vos messages aux journalistes : moins de 150 mots, un objet précis, une raison claire de parler de vous maintenant, aucun superlatif. Il prépare aussi votre passage dans un podcast et votre page presse (présentation, portraits des fondateurs, logos, contact).
3. Il vous guide en cas de crise. Une liste de réflexes pour la première heure : vérifier les faits, désigner un seul porte-parole, publier une courte déclaration et annoncer quand viendra la suivante. Pour un litige ou une fuite de données, il rappelle de consulter un avocat avant de reconnaître une faute.
Pour qui : créateurs d’entreprise, indépendants, PME qui lancent un produit ou veulent se faire connaître dans leur région. Bon à savoir : le Skill est rédigé en anglais et pensé d’abord pour les éditeurs de logiciels américains. Certaines plateformes qu’il cite, où les journalistes cherchent des experts à interroger, sont surtout anglophones. Demandez-lui de répondre en français et de viser des médias français.
Installer en 2 minutes
1. Ouvrez le Terminal (sur Mac : Applications, puis Utilitaires, puis Terminal). Claude Code doit déjà être installé sur votre ordinateur, ainsi que Node.js (le petit programme gratuit qui fournit la commande npx, souvent installé en même temps que Claude Code).
2. Copiez-collez la commande ci-dessous, puis appuyez sur Entrée. « npx skills add » lance un installateur de Skills, suivi du nom de la page de l’auteur. « --skill public-relations » précise que vous ne voulez que celui-ci parmi les 53 Skills de la collection, et « -a claude-code » le range au bon endroit pour Claude Code. Si une question s’affiche, validez avec Entrée.
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npx skills add coreyhaines31/marketingskills --skill public-relations -a claude-code
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3. Ouvrez Claude Code et décrivez votre besoin en une phrase. Par exemple : « Je lance des cours de cuisine pour les entreprises à Nantes. Trouve un angle pour la presse locale et rédige en français un message de 150 mots pour un journaliste. » Le Skill se déclenche tout seul dès que vous parlez de presse ou de journalistes.
Vous utilisez Claude sur le site ou dans l’application de bureau ? Sur la page de la collection, rubrique « Releases », téléchargez le fichier ZIP du Skill public-relations, puis ajoutez-le comme Skill dans les réglages, sans passer par le Terminal.
Sélection KLEAA · Skill créé par Corey Haines · licence MIT · le code reste sur le dépôt de l’auteur
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