Un pirate a lancé des centaines d’IA à l’assaut de 395 entreprises
Un attaquant russophone a confié le sale travail à des agents (des logiciels d’IA qui enchaînent les actions tout seuls, sans qu’on leur dicte chaque étape). Ils sont entrés par le logiciel qui gère les imprimantes des bureaux, dans 48 pays, France comprise.

PaperCut est un logiciel discret installé dans des milliers d’entreprises : il gère les imprimantes partagées, les quotas et la facturation des copies. Deux failles connues y ont été exploitées. Les chercheurs de la société de sécurité GreyNoise ont recensé 440 installations compromises chez 395 organisations dans 48 pays. Le secteur de l’éducation concentre 204 victimes, devant le commerce, les services aux entreprises et l’hôtellerie. Les États‑Unis arrivent en tête avec 98 victimes, suivis du Royaume‑Uni, de la France, de l’Espagne et du Canada.
Le détail qui change tout, c’est la vitesse. L’attaquant a assemblé ses agents à partir d’outils de piratage disponibles publiquement et de modèles d’IA du commerce. Il lui a fallu moins de quatre heures pour passer d’un poste de travail vide à la première entrée réussie chez une vraie victime, puis deux heures de plus pour obtenir les droits d’administrateur du réseau. Une fois la campagne lancée, onze organisations ont été compromises en 26 secondes. Au total, des mots de passe ont été récupérés chez 280 victimes et les clés du réseau interne chez 147.
Les agents n’ont pas non plus suivi les consignes à la lettre : l’attaquant leur avait interdit 28 pays, ils ont quand même attaqué en Russie, en Chine, au Kazakhstan et au Pakistan. Autrement dit, personne ne pilote vraiment la machine, même pas celui qui l’a lancée. La porte d’entrée, elle, n’était ni le compte bancaire ni la messagerie : c’était le logiciel d’impression, exactement le genre d’outil dont la mise à jour attend des mois parce qu’il ne fait rien de stratégique.