Près d’un tiers des postes supprimés à cause de l’IA seront recréés d’ici 2029
Le cabinet d’études Gartner a chiffré ce qu’il faudra défaire : 30 % des salariés remplacés par une IA devront être réembauchés d’ici 2029, et souvent plus cher qu’au moment de leur départ.

Gartner a publié le 9 septembre ses prévisions sur le travail à l’horizon 2029. La première est brutale : près d’un salarié sur trois licencié parce qu’une IA faisait son travail devra être réembauché, et le rachat coûtera plus cher que l’économie réalisée. La raison est simple. Une suppression de poste vide aussi le vivier interne et emporte des savoirs que personne n’a écrits nulle part. Comme la population active stagne ou recule dans la plupart des pays riches, il faut ensuite payer le recrutement, la formation et l’intégration au prix fort.
La seconde prévision vise la même erreur par l’autre bout. D’ici 2027, selon le cabinet, 75 % des organisations qui transformeront leurs gains de productivité en pures économies se feront dépasser par des concurrents qui auront réinvesti ces mêmes gains dans leurs produits, leurs outils et la formation de leurs équipes. Le gain de temps est identique dans les deux cas ; seule change la destination de l’argent.
Gartner propose une troisième voie qu’il appelle le remaniement des compétences : garder les gens, laisser l’IA absorber les tâches à faible valeur, et redéployer les heures ainsi libérées vers la décision, la relation client et l’expertise que la machine ne couvre pas. La décision de couper reste la plus rapide à inscrire au bilan. Elle est aussi la plus difficile à annuler quand il faut rappeler, deux ans plus tard, les compétences qu’on a laissées partir.