OpenAI renonce à entrer en Bourse cette année au nom de la sécurité
Sam Altman, le patron d’OpenAI, écarte toute introduction en Bourse (la mise en vente d’actions de l’entreprise au grand public) en 2026. Au même moment, le patron d’Anthropic demande au secteur de lever le pied.

Interrogé le 12 septembre par le magazine Fortune, dans les locaux d’OpenAI à San Francisco, Sam Altman a écarté toute mise en Bourse en 2026. L’entreprise, dit‑il, ne subit aucune pression pour le faire, et il reste beaucoup de travail sur la sécurité de ses modèles ainsi que sur la coordination avec les États. Il ajoute qu’une probabilité même faible que l’IA conduise à l’extinction de l’humanité serait inacceptable : « Que ce soit 10, 8 ou 6, peu importe le chiffre, nous portons tous une responsabilité énorme. »
La sortie n’arrive pas seule. Le même jour, Dario Amodei, patron d’Anthropic, publiait un texte demandant aux entreprises du secteur de ralentir volontairement les progrès de leurs modèles, le temps que la sécurité rattrape son retard. Il y décrit notamment le risque de voir apparaître, d’ici six à douze mois, des réseaux d’agents d’IA détournés à grande échelle. Altman a répondu que le sujet revenait en permanence dans les discussions internes d’OpenAI, et Elon Musk comme Demis Hassabis, le patron de l’IA de Google, ont soutenu l’idée de contrôles indépendants à l’intérieur des laboratoires.
Rester en dehors de la Bourse a une conséquence concrète pour les clients : OpenAI continue de se financer par des levées privées et doit trouver ses revenus ailleurs, ce qui explique la publicité arrivée dans ChatGPT et le prix des formules professionnelles. Reste le message lui‑même, rare dans une industrie qui vend de la vitesse : les dirigeants qui fournissent ces outils déclarent publiquement qu’ils avancent trop vite. Ceux qui construisent un processus de travail par‑dessus savent désormais à quoi s’en tenir.