Uber écope de 825 millions d’euros pour avoir laissé un logiciel bloquer ses chauffeurs
L’autorité néerlandaise chargée des données personnelles reproche à Uber d’avoir désactivé des comptes de chauffeurs de façon entièrement automatique, sans qu’un humain vérifie la décision. C’est la deuxième amende la plus lourde jamais prononcée en Europe sur ce terrain.
La décision date du 21 août. Entre 2018 et 2022, Uber utilisait un logiciel qui surveillait la conduite et les notes laissées par les clients, puis suspendait automatiquement le compte d’un chauffeur en cas de soupçon de fraude. Quand les notes restaient basses, la radiation devenait définitive, avec une perte de revenu immédiate. Aucun humain n’intervenait à aucune étape. Montant retenu : 824,99 millions d’euros.
Le fondement juridique tient en un article. Le RGPD (le règlement européen sur les données personnelles) interdit qu’une décision ayant des conséquences importantes sur une personne soit prise entièrement par une machine, et il oblige à expliquer clairement comment cette décision est prise. L’autorité néerlandaise résume sa position simplement : un ordinateur ne devrait pas décider seul quand les conséquences sont majeures. Le dossier est d’ailleurs parti de 171 chauffeurs français qui avaient signalé leur situation à la Ligue des droits de l’Homme, laquelle avait saisi la CNIL, le régulateur français.
L’amende représente environ 1,85 % du chiffre d’affaires mondial d’Uber en 2025 (44,5 milliards d’euros), pour un plafond légal fixé à 4 %. À elle seule, elle pèse à peu près 72 % du total des amendes prononcées en Europe pour la protection des données sur toute l’année 2025. Uber conteste et fait appel, jugeant la sanction disproportionnée. Le signal dépasse largement les plateformes de transport : dès qu’un logiciel coupe un accès, refuse un paiement ou écarte une candidature, la règle européenne exige un humain capable de revoir la décision et de l’expliquer.