OpenAI prévoit de brûler 278 milliards de dollars avant de gagner de l’argent
Un document interne montre que l’entreprise derrière ChatGPT dépensera, entre 2026 et 2030, 278 milliards de dollars de plus qu’elle n’encaissera. Ses revenus, eux, passeraient de 36 à 350 milliards sur la même période.

Le document a été présenté en juillet à des partenaires, dans le cadre d’un contrat d’achat de puissance de calcul, et il a fuité le 18 septembre. Il chiffre ce qu’on appelle la trésorerie libre (l’argent qui reste réellement une fois les factures et les investissements payés). Sur cinq ans, elle serait négative de 278 milliards de dollars, soit environ 33 centimes de trou pour chaque dollar encaissé sur la période.
La cause tient en un mot : les serveurs. OpenAI prévoit d’engager près de 600 milliards de dollars d’ici 2030 pour louer et construire sa puissance de calcul, c’est-à-dire les centres de données qui font tourner ChatGPT. C’est de loin sa première dépense. Le pari est que les revenus, multipliés par dix d’ici 2030, finiront par dépasser la facture. L’entreprise chercherait par ailleurs de nouveaux fonds sur une valorisation supérieure à 1 200 milliards de dollars, et n’a pas commenté ces projections.
Ces chiffres expliquent pourquoi les tarifs bougent si souvent. Les outils utilisés chaque jour dans les entreprises ne sont pas encore payés par leurs clients : ils sont financés par des investisseurs qui avancent l’argent des serveurs. Tant que le trou se creuse, le prix des abonnements et des API (les accès payants qui permettent de brancher une IA dans ses propres logiciels) reste une variable d’ajustement, et savoir ce que coûterait un changement de fournisseur vaut mieux que de le découvrir sous la contrainte.