Le Goncourt écarte un roman qu’un logiciel accuse d’avoir été écrit par une IA
L’Académie Goncourt a retiré vendredi le livre de Thélyson Orélien de sa sélection. Sa décision s’appuie en partie sur un détecteur d’IA (un logiciel censé repérer les textes écrits par une machine), alors que d’autres outils du même genre concluent l’inverse.

Le roman, « C’était ça ou mourir », paru chez Grasset en août, venait de recevoir le Prix du roman Fnac le 21 septembre. Un compte anonyme sur X a ensuite publié l’analyse d’un détecteur appelé Pangram, qui classait le texte comme vraisemblablement produit par une IA. Le 25 septembre, l’Académie Goncourt l’a retiré de sa première sélection, en le jugeant « très largement le produit d’une intelligence artificielle ». Elle cite aussi des passages plagiés dans des textes plus anciens de l’auteur.
Le problème, c’est que ces détecteurs ne sont pas d’accord entre eux. Ils ne comprennent pas un texte : ils mesurent à quel point les mots s’enchaînent de façon prévisible, comme le ferait une machine. Testés sur les mêmes chapitres, Quillbot et ZeroGPT ont conclu à un texte humain, tout comme l’outil de vérification de l’AFP. L’auteur et ses éditeurs nient tout usage de l’IA, et le livre reste en lice pour le Renaudot, le Femina et le Médicis.
L’affaire dépasse la littérature. Des écoles, des recruteurs et des clients utilisent déjà ces logiciels pour juger une copie, une lettre de motivation ou un texte livré par un prestataire. Or un score de détecteur n’est pas une preuve : sanctionner quelqu’un sur cette seule base expose à l’erreur, et parfois au litige. À l’inverse, ceux qui écrivent avec l’aide d’une IA ont intérêt à pouvoir montrer comment ils ont travaillé (brouillons, versions successives).