La vidéo par IA multiplie ses revenus par trente-cinq en un an chez Higgsfield
La plateforme, qui fabrique images et vidéos professionnelles à partir de consignes écrites, vient de lever 400 millions de dollars. Elle annonce 700 millions de dollars de revenus annualisés, contre environ 20 millions il y a un an.
Higgsfield a annoncé le 17 août un tour de table de 400 millions de dollars mené par DST Global, qui la valorise 5,4 milliards. En janvier, elle valait 1,3 milliard : la valorisation a quadruplé en huit mois. Goldman Sachs, Intel Capital, Liberty Global, Mirae Asset et NTT DOCOMO participent. Le produit sert à produire des visuels et des vidéos de niveau professionnel à partir de consignes écrites, pour des marques, des agences et des studios.
Les chiffres communiqués donnent la mesure du basculement : 30 millions d’utilisateurs dans 200 pays, plus de 20 millions de contenus générés chaque mois, et un revenu annualisé passé d’environ 20 millions de dollars il y a un an à 700 millions ce mois-ci. L’usage des fonctions dites agentiques (une IA qui enchaîne seule plusieurs étapes d’un travail au lieu de répondre coup par coup) a été multiplié par 42 en trois mois. L’entreprise indique servir 390 des 500 plus grandes sociétés américaines.
Le signal utile n’est pas la levée, c’est la nature du client. Il y a dix-huit mois, la vidéo générée servait surtout à faire des démonstrations sur les réseaux sociaux. Elle entre maintenant dans la production courante des plus gros annonceurs, ce qui déplace le prix de référence d’une campagne visuelle. Un indépendant ou un studio qui facturait un tournage plusieurs dizaines de milliers d’euros se retrouve face à un devis concurrent bâti sur des consignes écrites, et devra expliquer ce que la caméra apporte en plus.