L’empreinte de l’IA sur la planète sera sept fois plus lourde en 2030, selon un rapport publié hier
L’association française Green IT estime que les centres de données (les bâtiments remplis d’ordinateurs qui font tourner les IA) vont occuper plus de six fois plus de surface en cinq ans, avec des effets sur la santé.

Le rapport a été publié mercredi par Green IT, une association qui milite pour un numérique plus sobre. Son calcul porte sur l’ensemble du cycle de vie des outils d’IA : la fabrication des puces et des serveurs, l’électricité consommée, l’eau utilisée pour refroidir les machines. Conclusion : entre 2025 et 2030, l’empreinte environnementale de l’IA serait multipliée par sept.
Le chiffre le plus parlant concerne les bâtiments. La surface totale des centres de données passerait de 3,5 millions de mètres carrés en 2025 à 22,5 millions en 2030, l’équivalent de plus de 3 000 terrains de football. Ces sites sont surtout installés aux États-Unis et en Chine, où l’électricité provient en bonne partie du charbon et du gaz. Le rapport chiffre aussi un effet sanitaire : les particules fines rejetées par la production de cette électricité pourraient provoquer jusqu’à 20 000 maladies supplémentaires, parfois mortelles. Green IT demande de rendre obligatoire la prise en compte de l’environnement dès la conception des outils, et de créer un système de bonus et de malus fiscal.
Ces projections viennent d’une association militante et restent discutées, mais la tendance, elle, ne l’est pas. Pour une entreprise, la question arrive par deux portes. Les grands clients demandent de plus en plus à leurs fournisseurs de chiffrer leur impact numérique dans leurs rapports extra-financiers. Et il existe un geste simple, qui fait aussi baisser la facture : réserver les modèles les plus puissants aux tâches qui le justifient, et confier le tri, le résumé ou la reformulation à des modèles légers, qui consomment beaucoup moins.