Dans un outil de gestion de projet, l’IA écrit désormais près d’une tâche sur deux
Linear est le logiciel où des milliers d’équipes techniques listent ce qu’il reste à faire. Ses propres mesures montrent que l’IA y crée aujourd’hui presque la moitié des tâches, contre moins d’une sur mille il y a deux ans.
Le rapport publié par l’éditeur suit les tâches créées chaque semaine depuis juin 2024. Il y a deux ans, moins d’une sur mille venait d’une IA. Aujourd’hui, un peu moins de la moitié de tout ce qui est créé dans l’outil est écrit par une IA, et au rythme actuel elle en produira bientôt plus que les humains et les autres logiciels réunis.
Ce n’est pas l’IA qui décide du travail : c’est elle qui le consigne. Des agents de code (des IA à qui l’on confie une tâche technique du début à la fin) ouvrent le ticket, décrivent le problème rencontré, proposent la correction. L’éditeur avance aussi que les équipes qui travaillent avec ces agents livrent 6,5 fois plus que celles qui n’en utilisent pas. Le chiffre vient de l’entreprise qui vend l’outil, et les équipes qui adoptent ces méthodes sont souvent déjà les plus rapides. L’écart reste trop large pour être ignoré.
Le goulot d’étranglement se déplace. Écrire n’est plus le point dur ; lire, trier et arbitrer le deviennent. Dans une petite structure, cela signifie qu’une liste de tâches peut désormais grossir plus vite que la capacité à la relire, et que la compétence rare devient celle de dire non.