Claude a dessiné des protéines qui fonctionnent vraiment en laboratoire
Anthropic a demandé à Claude de concevoir des protéines capables de s’accrocher à 15 cibles précises. Deux laboratoires indépendants les ont fabriquées et testées : 14 cibles sur 15 ont trouvé preneur.
Une protéine dite « binder » est une molécule qui vient se coller à une cible précise, par exemple une protéine impliquée dans une maladie. C’est la brique de départ de beaucoup de médicaments, et sa conception occupe habituellement des semaines de travail d’experts, cible par cible. Anthropic a publié le 18 août les résultats d’un test où Claude a fait ce travail seul : choix du point d’accroche, génération des structures, cycles d’optimisation, tri des candidats.
Claude n’a pas inventé une biologie nouvelle. Il a piloté des logiciels spécialisés que les chercheurs utilisent déjà, en enchaînant les étapes sans qu’on lui redonne la main. Sur 15 cibles, 14 ont donné des molécules qui s’accrochent réellement. Les taux de réussite s’établissent à 22,6 % et 26,7 % selon les séries, et montent à 35,1 % quand Claude ne traite qu’une cible à la fois. La référence habituelle du métier tourne autour de 10 à 15 %. Deux sociétés, Adaptyv Bio et Twist Bioscience, ont produit et testé les molécules en laboratoire, chacune de son côté.
L’information ne concerne pas que la pharmacie. Ce qui est démontré ici, c’est qu’une IA généraliste sait se servir d’outils de spécialistes et mener une chaîne de tâches jusqu’au bout. Le même mouvement guette les métiers où la valeur tient à l’enchaînement d’opérations techniques : bureaux d’études, cabinets comptables, laboratoires d’analyse. La compétence rare cesse d’être « savoir manier l’outil » pour devenir « savoir décider quoi lui faire faire, et vérifier ce qui sort ».