Amazon et JPMorgan ferment leurs portes aux assistants IA qui achètent et paient à votre place
De grands commerçants et banques américains bloquent les agents IA (des logiciels qui naviguent, achètent ou gèrent un compte pour vous). Et quand un client leur confie quand même ses identifiants, c’est lui qui assume les erreurs.

D’après une enquête de CNBC publiée le 1er novembre, JPMorgan Chase, Charles Schwab, Amazon, Kohl’s et Neiman Marcus empêchent les assistants comme Muse, l’agent de Meta, d’agir pour leurs clients. Amazon a demandé à Meta de retirer son site de l’expérience. Walmart a fait le choix inverse et ouvre son site aux agents. Un audit de 51 grands commerçants américains montre que 37 bloquent ces agents par accident, avec de vieilles règles anti-robots, et qu’aucun ne permet à un agent vérifié de finaliser un achat.
Côté banques, le problème vient des identifiants. La règle américaine qui devait organiser l’accès aux données bancaires est bloquée en justice : beaucoup d’agents se connectent donc avec le login et le mot de passe du client. JPMorgan bloque cette pratique quand il le peut. Wells Fargo a choisi une autre voie : à partir du 24 novembre, toute instruction donnée par un agent avec les identifiants d’un client sera traitée comme venant du client lui-même. Si l’agent se trompe, c’est le client qui en répond.
Une norme commune, le Personal Agent Protocol (un standard qui permet à un agent de s’identifier et de demander un accès limité à la lecture ou complet), est poussée par Meta et la start-up Sierra. BBVA, Bank of America et Wells Fargo l’ont rejointe. Selon Accenture, 82 % des consommateurs veulent valider chaque action d’une IA sur leur argent. Tant que ces règles ne sont pas fixées, confier ses accès bancaires à un agent reste un pari. Et un site marchand qui ne décide rien peut se fermer sans le savoir à une nouvelle façon d’acheter.