Une jeune pousse néerlandaise lève 200 millions d’euros pour des puces moins gourmandes
Euclyd, fondée il y a deux ans près d’Eindhoven, a bouclé un tour de table mené par Samsung. L’ancien patron d’ASML en prend la présidence.

La levée, annoncée mardi, dépasse 200 millions d’euros, soit environ 231 millions de dollars, pour une société créée en 2024 et qui n’a encore rien vendu. Elle est co-menée par Samsung, aux côtés de Somerset Capital Partners, du fonds Scaleup Europe géré par EQT et d’Innovation Industries. Peter Wennink, qui a dirigé ASML, le fabricant néerlandais des machines sans lesquelles aucune puce moderne ne sort d’usine, devient président du conseil.
Euclyd ne vise pas l’entraînement des modèles, cette phase très coûteuse où une IA apprend. Elle vise l’inférence, le moment où un modèle déjà entraîné répond à une question. C’est là que se joue la facture quotidienne d’une entreprise qui utilise l’IA, et c’est le terrain que Nvidia domine aujourd’hui. La promesse tient en une phrase : la même réponse pour beaucoup moins d’électricité. Les premiers systèmes ne sont pas attendus avant 2028.
Deux lectures pour un dirigeant. D’abord, l’Europe finance enfin la partie matérielle et pas seulement les logiciels, avec un argent asiatique et un savoir-faire local. Ensuite, ce genre d’annonce rappelle où va le coût de l’IA : pas dans l’abonnement mensuel, mais dans l’électricité consommée à chaque réponse. Ce poste-là finira par apparaître dans vos factures de fournisseurs.