Uber supprime 3 300 postes pour financer les voitures sans chauffeur
Le service de réservation de trajets se sépare de 10 % de ses salariés dans le monde. L’argent économisé doit partir vers les taxis autonomes.

Uber a annoncé mercredi la suppression d’environ 3 300 postes, soit 10 % de ses effectifs mondiaux. C’est sa plus grosse coupe depuis 2020, et elle ne répond pas à une chute de la demande de trajets. L’entreprise dit vouloir moins d’étages hiérarchiques, des décisions plus rapides et moins de doublons entre équipes. Le nombre de managers baisse d’environ 20 %, et l’effectif revient autour de 30 000 personnes, son niveau de 2021.
La destination de l’argent est assumée. Uber a déjà engagé plus de 10 milliards de dollars dans des partenariats de robotaxi (des voitures qui circulent sans conducteur). L’entreprise se prépare à un marché où le chauffeur n’est plus au centre du modèle, et préfère payer cette bascule en réduisant ses frais de structure plutôt qu’en allant chercher de l’argent à l’extérieur.
Le signal utile n’est pas technologique, il est comptable. Uber ne supprime pas des postes parce que des machines font déjà le travail : il supprime des postes pour avoir de quoi payer le moment où elles le feront. C’est un arbitrage de trésorerie, pas un constat de productivité. La question qu’il pose à toute entreprise est simple : quelle part de vos frais fixes finance encore l’organisation d’hier plutôt que le produit de demain ?