Ryanair mise sur l’IA et sur des gels de salaires pour absorber 2 milliards d’euros de carburant en plus
La plus grande compagnie low cost d’Europe veut réduire ses coûts face à la flambée du kérosène. Un recours accru à l’IA figure en tête des mesures annoncées, avec le ralentissement des embauches.

Lundi 2 novembre, en publiant ses résultats, Ryanair a annoncé vouloir utiliser davantage l’IA pour gagner en productivité dans ses opérations et ses services administratifs. Le groupe envisage aussi de ralentir certains recrutements et de geler temporairement les salaires lors du renouvellement des accords collectifs. Son directeur général, Michael O’Leary, dit « passer en revue l’ensemble des coûts ».
En cause : la guerre au Moyen-Orient a fait grimper le prix du kérosène. Sur la base des prix actuels, Ryanair anticipe une facture de carburant alourdie d’environ 2 milliards d’euros. Au trimestre clos fin septembre, son bénéfice net a reculé de 6 % à 1,61 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de 4 %. Le syndicat britannique Unite rappelle qu’un accord salarial pluriannuel couvre déjà l’an prochain.
Le changement de statut est net : l’IA n’est plus présentée comme un projet d’innovation, mais comme une ligne d’économies au même rang qu’un gel des salaires. C’est ainsi que beaucoup d’entreprises vont la budgéter quand leurs coûts montent, en heures de travail administratif évitées. Le dialogue social risque de se tendre autour de cette équation.