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Abu Dhabi traduit ses règlements pour que l’IA d’OpenAI aide à vérifier les demandes de permis

L’émirat a signé lundi plusieurs accords avec OpenAI. Le plus original consiste à réécrire ses textes administratifs dans un format qu’une IA peut appliquer directement, pour contrôler permis et certificats.

Baptisé « gouvernement lisible par machine », le projet transforme des politiques publiques et des réglementations en règles structurées que les modèles d’OpenAI peuvent lire et appliquer. Objectif : aider les fonctionnaires à vérifier la conformité des dossiers, comme les permis et les certificats. Un premier test est déjà en service avec l’autorité de sécurité alimentaire, sur les importations de denrées. La décision finale reste entre les mains des agents publics.

Les autres accords portent sur l’analyse d’investissements pour Mubadala, le fonds souverain de l’émirat, et sur un déploiement sur 5 ans des outils d’OpenAI dans l’administration, les entreprises et l’éducation, avec Inception42, filiale du groupe local G42. Les calculs tourneront dans des centres de données situés aux Émirats. Aucun montant n’a été communiqué.

L’idée pourrait voyager : si les règles sont écrites pour être vérifiées par une IA, une entreprise pourrait savoir avant de déposer un dossier s’il est conforme, et l’administration le traiter bien plus vite. Le revers est connu : une règle mal traduite dans la machine s’appliquera à tout le monde, sans discernement.

Le principe : des développeurs open source (qui contribuent à des logiciels dont le code est public) ont reçu de vraies tâches sur des projets qu’ils maîtrisaient. Pour chaque tâche, un tirage au sort décidait s’ils avaient le droit d’utiliser l’IA ou non. C’est un essai randomisé (une expérience où le hasard répartit les participants), la méthode utilisée pour tester les médicaments, qui permet de mesurer l’effet réel d’un outil.

Résultat : avec l’IA, ils ont été 19 % plus lents. Le plus frappant est ailleurs : après coup, ils estimaient que l’IA les avait rendus 20 % plus rapides. D’autres études trouvent au contraire des gains nets, ce qui montre que l’effet dépend fortement de la tâche et de l’expérience de la personne.

Conséquence concrète : le sentiment d’aller plus vite ne prouve pas que l’on va plus vite. Avant de généraliser un outil d’IA dans une équipe, mieux vaut chronométrer quelques tâches réelles avec et sans. Et ne pas supposer que les profils les plus expérimentés en tireront le plus : c’est précisément chez eux que l’essai a mesuré un ralentissement.

OpenAI

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