Les robots savent déjà faire les trois quarts des tâches physiques, mais ne sont rentables que pour 0,3 % du travail
Une étude publiée par Anthropic mesure, métier par métier, ce que les robots et les IA comme Claude peuvent réellement faire aujourd’hui. Le constat : la technique est prête, le prix ne l’est pas.

Publiée le 30 septembre, l’étude passe en revue les tâches de l’ensemble des métiers américains. Résultat : les robots disponibles aujourd’hui peuvent accomplir, au moins dans certaines conditions, 74 % des tâches physiques, soit 34 % de toutes les heures travaillées. Si l’on ajoute les modèles de langage (les IA qui lisent et écrivent du texte), environ 80 % du temps de travail est concerné par l’une ou l’autre technologie.
Mais pouvoir n’est pas rentabiliser. Les robots ne coûtent moins cher qu’un salarié que pour 0,3 % des tâches. Au rythme historique de baisse de leur prix (3 % par an), il faudrait 40 ans pour atteindre 10 %. Le métier le plus proche du basculement est celui d’emballeur : un système à plus de 2 millions de dollars peut faire le travail d’environ 14 personnes, ce qui revient à 45 000 dollars par an et par poste, contre 49 000 pour un salarié. Les chauffeurs et les préparateurs d’entrepôt sont les plus exposés, les infirmiers et les mécaniciens beaucoup moins.
Pour une petite entreprise, la transformation arrive donc d’abord par l’écran, pas par l’atelier. Rédiger, trier, répondre, résumer : ces tâches de bureau peuvent déjà être confiées à une IA pour quelques dizaines d’euros par mois. Robotiser un geste physique ne se justifie, pour l’instant, que lorsqu’il est très répétitif et réalisé en gros volume.