La banque centrale américaine range l’IA parmi les causes de l’inflation qui l’ont poussée à monter ses taux
Le compte rendu de sa dernière réunion, publié le 7 octobre, montre que les dépenses massives dans l’IA font désormais grimper les prix, et pas seulement la Bourse.

Le 16 septembre, la Fed (la Réserve fédérale, qui fixe le coût de l’argent aux États-Unis) a relevé son taux directeur de 0,25 point, dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. C’était sa première hausse depuis 2023, décidée à l’unanimité. Le compte rendu publié cette semaine explique pourquoi : l’inflation atteignait 3,8 % sur un an en août, et les responsables citent 3 causes, la flambée du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient, les droits de douane, et la construction à marche forcée des infrastructures de l’IA.
Le mécanisme est simple. Les géants de la tech achètent en masse des puces, des serveurs, de l’électricité et des matériaux pour leurs centres de données. Cette demande fait monter le prix de ces produits pour tout le monde. Plusieurs responsables craignent même que ces investissements finissent par pousser la demande au-delà de ce que l’économie peut produire, ce qui entretiendrait la hausse des prix. L’ampleur et la vitesse de ces chantiers « continuent de dépasser les attentes », note le document. La plupart des membres jugent qu’une nouvelle hausse sera probablement nécessaire d’ici la fin de l’année ; la prochaine décision est attendue le 28 octobre.
Les responsables de la Fed reconnaissent que l’IA améliore les perspectives de productivité. Mais ces gains restent à venir, alors que la hausse des prix, elle, est déjà là. Et même en Europe, l’effet finit par se transmettre : matériel informatique plus cher, crédit plus coûteux, investisseurs plus prudents.