L’industrie du disque va vérifier l’identité de ceux qui déposent des morceaux
Dix-huit distributeurs de musique et les trois grandes maisons de disques s’engagent à contrôler qui met un titre en ligne et à qui appartiennent les droits. En cause : des écoutes fabriquées, souvent au profit de morceaux produits par IA.
La fédération internationale de l’industrie du disque a lancé le 14 septembre une initiative pour l’intégrité de l’écoute en ligne, signée par dix-huit distributeurs et par les trois grandes maisons de disques. Les signataires s’engagent sur cinq points : vérifier l’identité de ceux qui déposent des morceaux et la propriété des droits, contrôler les contenus mis en ligne, sanctionner les fraudeurs y compris récidivistes, partager leurs informations entre eux, et mesurer l’efficacité de ces contrôles dans la durée.
Ce que l’on cherche à arrêter s’appelle la fraude à l’écoute : on met en ligne des milliers de titres, souvent fabriqués en quelques secondes par une IA, puis on simule des écoutes pour toucher les redevances des plateformes. Des responsables du secteur estiment qu’environ une écoute sur dix est aujourd’hui frauduleuse. Chaque euro ainsi détourné est pris sur une enveloppe fixe, donc sur les revenus des artistes réels. Plusieurs distributeurs très utilisés par les indépendants n’ont pas signé.
Le point à retenir dépasse la musique. Quand produire un contenu ne coûte plus rien, les plateformes qui rémunèrent au volume deviennent mécaniquement attaquables, et la réponse du secteur passe par la vérification d’identité de celui qui publie. Le même raisonnement s’applique aux places de marché, aux catalogues d’applications, aux banques d’images ou aux sites d’avis : la valeur se déplace de ce qui est publié vers la preuve de qui l’a publié.