L’État met 80 millions d’euros pour pousser l’IA dans les entreprises
Présenté hier à Station F, le plan Impulsion IA 2027 réunit 12 mesures et 80 millions d’euros, avec les TPE et les PME comme cible affichée.

3 ministres l’ont présenté hier à Paris : le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, le ministre de l’Économie Roland Lescure et la ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique Anne Le Hénanff. Le plan porte un objectif chiffré, sensibiliser et former près de 30 millions de personnes, et une date d’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027. Il ne crée aucune loi nouvelle : il s’appuie sur les organismes existants.
Le contenu tient en quelques dispositifs. Une plateforme publique gratuite, Explore IA, pour tester ses connaissances et suivre des parcours. Une certification d’État sur les compétences en IA, finançable par le compte personnel de formation. Des parcours pour les demandeurs d’emploi, avec un diagnostic de maturité individuel. Un kit baptisé Recrut’IA, distribué par les 408 équipes entreprises de France Travail, qui couvre le recrutement du libellé de l’offre jusqu’à l’accueil du nouveau salarié. Un accompagnement des PME, expérimenté en janvier 2027 puis généralisé en mai. Un guide de conformité écrit avec la Cnil. Un observatoire national sur l’effet réel de l’IA sur les métiers. Et un crédit d’impôt qui accélère l’amortissement des robots, mécanique plus favorable aux petites structures qu’aux grandes.
Le chiffre qui explique la démarche vient d’une étude publiée en avril : 1 emploi sur 6 en France, soit environ 5 millions de postes, serait automatisable d’ici 3 à 4 ans. Les critiques portent sur la taille de l’enveloppe, 80 millions d’euros pour 30 millions d’actifs, à comparer aux 2,5 milliards d’économies demandées au même ministère pour le budget 2027. Reste que 2 dispositifs sont exploitables sans attendre par un dirigeant : la formation financée par le compte personnel de formation, qui ne coûte rien à l’entreprise, et l’accompagnement PME, dont l’expérimentation démarre dans 3 mois. Les textes d’application manquent encore.