En Allemagne, la justice tient Google pour responsable des fausses accusations écrites par son IA
Le moteur de recherche de Google rédige désormais lui-même des réponses grâce à l’IA. Un tribunal allemand vient de juger que ces textes engagent Google comme s’il les avait écrits, après qu’ils ont accusé à tort un médecin.

Interrogé sur ce médecin, le mode IA de Google (la version du moteur qui répond par un texte rédigé au lieu d’une liste de liens) a relié son départ de l’hôpital, en juin, à une agression sexuelle sur sa secrétaire. Il a inventé plusieurs paragraphes sur une suspension, un licenciement et un procès. Rien de tout cela ne le concernait : l’IA avait mélangé son histoire avec celle d’un autre ancien professeur.
Le médecin a demandé le retrait fin août, et Google a refusé d’agir mi-septembre. Le tribunal régional d’Aix-la-Chapelle a alors interdit la diffusion de 3 versions du texte, sous peine d’amendes allant jusqu’à 250 000 euros par infraction. La décision, rendue en urgence et publiée ces derniers jours, reprend un jugement de Munich du mois de mai : ces réponses sont des déclarations de Google lui-même, et non de simples résultats de recherche. Google peut encore la contester.
Jusqu’ici, Google se présentait comme un intermédiaire qui se contente de renvoyer vers d’autres sites. Ces 2 décisions changent l’équilibre en Europe : une entreprise ou un professionnel décrit à tort par une réponse d’IA peut exiger le retrait et obtenir une décision rapide. Taper régulièrement le nom de sa marque dans ces outils devient un réflexe utile, pour savoir ce qu’ils racontent à vos futurs clients.