Chez Anthropic, la part des débutants dans les embauches techniques est passée de 27 % à 9 %
L’entreprise qui fabrique Claude a publié ses propres chiffres : ses agents (des IA qui travaillent seules sur une tâche) font désormais 6 fois plus d’heures que les salariés qui les pilotent. Dans le même temps, elle recrute de moins en moins de profils juniors.

Le 16 octobre, Anthropic a publié une étude sur l’évolution de ses propres équipes. En mars 2026, le temps de travail cumulé de ses IA a dépassé pour la première fois celui de ses salariés. En août, les agents lancés par les employés travaillaient 6 heures pour chaque heure humaine. Chaque ingénieur envoie aujourd’hui environ 5 fois plus de modifications de code qu’il y a 6 mois.
Ce gain a un revers. Parmi les embauches techniques, la part des débutants est tombée de 27 % à 9 %. Dans les équipes techniques, elle a reculé de 21 % à 14 % depuis début 2025, et les offres d’emploi pour juniors chutent nettement depuis décembre 2025. L’entreprise a pourtant triplé de taille en un an. Les salariés ne travaillent pas moins : ils passent 20 % de temps en plus en réunion qu’il y a un an, et Claude passe environ 80 % de ses sessions à attendre qu’un humain réponde ou valide.
Le travail ne disparaît pas, il change de nature. Les tâches simples que l’on confiait à un débutant (écrire un premier jet, corriger un petit bug) partent vers l’IA. Il reste à vérifier, arbitrer et décider, ce que font plutôt des profils expérimentés. Une entreprise qui suit ce chemin gagne en vitesse, mais se prive du vivier où se forment ses futurs experts.