Éditeurs et agents réclament une part des indemnités versées par Anthropic aux auteurs
Anthropic indemnise les auteurs de près de 500 000 livres piratés pour entraîner ses modèles, à raison de 3 000 dollars par titre. Des éditeurs et des agents littéraires réclament une part de sommes qui ne leur revient pas toujours.
L’accord, approuvé définitivement en juillet, clôt une action collective. Un juge avait estimé qu’entraîner un modèle d’IA sur des textes protégés relevait de l’usage loyal, mais que se procurer ces textes par piratage ne l’était pas. Anthropic paie 1,5 milliard de dollars, soit 3 000 dollars par ouvrage. La règle de partage tient en deux lignes : si le livre est encore commercialisé par un éditeur classique, l’auteur et l’éditeur touchent la moitié chacun ; si l’auteur s’est publié seul, ou si l’éditeur lui a rendu ses droits, l’auteur touche tout.
Cette semaine, des auteurs ont reçu des messages leur annonçant qu’un tiers réclamait une partie de leur indemnité. Deux cas reviennent : des éditeurs qui déclarent des livres dont les droits leur ont échappé depuis des années, et des éditeurs qui demandent la moitié sans détenir aucun droit sur le titre. Une romancière raconte qu’un éditeur a réclamé un de ses livres dont les droits lui étaient revenus au moins dix-sept ans plus tôt, en se déclarant au passage comme son employeur, ce qu’il n’a jamais été. Des agents littéraires déposent aussi des réclamations, alors qu’ils ne détiennent pas les droits des livres qu’ils vendent.
La principale association d’auteurs américains y voit moins une manœuvre qu’un effet de registres mal tenus et d’une procédure confuse. C’est ce qui rend l’épisode instructif. Quand une somme tombe d’un coup pour des œuvres utilisées sans autorisation, ce sont les contrats et les preuves de propriété qui décident du partage, pas le mérite ni l’ancienneté. Toute personne dont un texte, une photo, une vidéo ou du code peut finir dans l’entraînement d’un modèle a intérêt à savoir dès maintenant qui détient quoi, par écrit.