Avec l’IA, 2 sociétés de services informatiques sur 3 changent leur façon de facturer
Une étude de KPMG et de Numeum, le syndicat professionnel du numérique, montre que l’IA fait gagner tant de temps aux prestataires informatiques que le paiement au nombre de jours travaillés ne tient plus. Leurs clients réclament leur part des gains.

En France, les ESN (les entreprises de services du numérique, qui développent des logiciels ou gèrent l’informatique d’autres sociétés) facturent traditionnellement au temps passé : tant de jours de travail, tant d’euros. L’étude, menée auprès de près de 200 d’entre elles et publiée le 9 octobre, montre que ce modèle se fissure. 37 % constatent des gains de productivité de plus de 20 % sur leurs projets, et 58 % des dirigeants s’attendent à un bouleversement de leur modèle économique.
Le calcul est simple : si un développeur aidé par l’IA livre en 4 jours ce qui en demandait 5, facturer à la journée revient à perdre de l’argent. 75 % des sociétés interrogées voient leurs clients réclamer ces gains, et 33 % subissent déjà une pression sur les prix. Résultat : 2 sur 3 revoient leurs tarifs. 42 % se tournent vers l’abonnement, 33 % vers une facturation à la valeur ou au résultat (on paie le service rendu, pas les heures passées).
L’embauche suit le même mouvement. 22 % des sociétés déclarent une forte baisse du recrutement de jeunes diplômés, et 80 % voient comme une menace l’arrivée de concurrents « nés avec l’IA », capables de vendre moins cher. Le changement profite aussi aux clients : face à une agence web, un cabinet de conseil ou un prestataire informatique, un devis au temps passé mérite désormais d’être discuté, et un forfait ou un prix au résultat devient plus facile à obtenir.