10 minutes d’aide de ChatGPT suffisent à faire abandonner plus vite face à un problème difficile
Des chercheurs de Berkeley, du MIT et d’Oxford ont fait résoudre des exercices à plus de 1 200 personnes. Celles qui avaient ChatGPT à disposition ont décroché presque aussitôt quand on le leur a retiré.

L’expérience est simple. Un premier groupe résout seul 15 problèmes de fractions. Le second dispose de ChatGPT et peut lui demander les réponses. Au 12e problème, l’IA disparaît. Le groupe aidé, jusque-là plus performant, voit sa précision chuter presque immédiatement et saute beaucoup plus de questions. Le groupe sans IA, lui, garde son niveau, voire progresse. Les chercheurs ont répété l’essai 3 fois, avec 1 222 participants au total, dont une version sur des exercices de compréhension de texte : même résultat.
L’étude, présentée la semaine dernière lors d’une conférence scientifique et publiée par l’université de Californie à Berkeley le 9 octobre, mesure un effet que beaucoup soupçonnaient sans l’avoir prouvé : quand une IA donne la réponse toute faite, on perd très vite l’habitude de chercher. Et quelques minutes suffisent. Les auteurs proposent que les assistants se comportent par défaut comme un professeur particulier, qui guide vers la solution au lieu de la donner.
Dans une équipe, le risque est concret. Un salarié qui confie à l’IA toute sa rédaction ou tous ses calculs peut se retrouver démuni le jour où l’outil tombe en panne, où la question sort de l’ordinaire, ou quand il faut défendre un chiffre devant un client. Apprendre aux équipes à se servir de l’IA ne suffit donc pas : il faut aussi garder des moments où elles réfléchissent sans elle.