|
Bon vendredi à tous.
Mercredi, CoreWeave, une entreprise qui loue des puces d’IA, a perdu 15 % en Bourse : ceux qui lui prêtent de l’argent exigent désormais près de 15 % d’intérêts par an. Le même jour, Bruxelles a commencé à demander des comptes à OpenAI et Anthropic, et l’IA vocale d’Elon Musk a montré qu’elle règle seule 7 appels clients sur 10. On termine avec Perplexity, un moteur de recherche qui répond en citant ses sources, à essayer dès ce matin.
|
|
Quelqu’un devrait lire ça ? Partagez l’édition
|
|
Au sommaire
| 01 |
Pour prêter à CoreWeave, loueur de puces d’IA, les investisseurs réclament près de 15 % d’intérêts
|
| 02 |
Bruxelles demande des comptes à OpenAI et Anthropic, première application de sa loi sur l’IA
|
| 03 |
Au service client de Starlink, une IA vocale règle seule 7 appels sur 10
|
| 04 |
84 % des victimes de rançongiciels disent que les pirates se sont servis de l’IA
|
| 05 |
Amazon vend à 75 dollars un bracelet qui écoute vos conversations et en tire votre liste de tâches
|
|
|
|
|
01
Pour prêter à CoreWeave, loueur de puces d’IA, les investisseurs réclament près de 15 % d’intérêts
CoreWeave achète des puces Nvidia à crédit pour les louer aux entreprises d’IA. Sa dette coûte de plus en plus cher, et son action a chuté de 15 % mercredi.
CoreWeave est l’un des plus gros loueurs de puissance de calcul : il achète des milliers de puces Nvidia, les installe dans ses centres de données et les loue aux entreprises qui font tourner des IA. Pour payer ce matériel, il emprunte. Sa dette atteignait environ 52 milliards de dollars fin juin, contre 15 milliards un an plus tôt.
Mardi 13 octobre, une de ses obligations (un prêt découpé en titres que les investisseurs s’échangent) à rembourser en 2032 a vu son rendement toucher 15 %, avant de finir à un record de 14,5 %. Concrètement, ceux qui prêtent à CoreWeave exigent près de 15 % par an pour prendre le risque. Mercredi, l’action a perdu 15 % et entraîné le secteur : Nebius a reculé de 11 %, Oracle de 9 %.
Les comptes expliquent la nervosité. Au deuxième trimestre, CoreWeave a doublé son chiffre d’affaires, à 2,58 milliards de dollars, mais a perdu 626 millions, et ses intérêts sont passés de 267 à 640 millions de dollars en un an. Son patron parle d’un marché « irrationnel » et l’entreprise cherche désormais à emprunter auprès des assureurs. Si l’argent devient plus cher pour ceux qui construisent l’infrastructure de l’IA, la facture finira tôt ou tard dans le prix des abonnements payés par les entreprises.
|
Ce n’est pas la fin de l’IA, c’est la fin de l’argent facile pour la construire. Tant que les prêteurs suivaient sans poser de questions, les prix des outils pouvaient rester bas. Un taux de 15 %, c’est le prix d’un pari risqué, pas celui d’une infrastructure solide. Notre conseil : ne bâtissez pas une offre ou un devis sur le tarif actuel d’un seul fournisseur d’IA. Gardez une solution de repli et relisez les clauses de hausse de prix de vos abonnements.
|
Auguste Freton
Rédacteur KLEAA
|
|
|
|
|
|
|
02
Bruxelles demande des comptes à OpenAI et Anthropic, première application de sa loi sur l’IA
La Commission européenne réclame aux 2 entreprises des documents sur leur sécurité, après des incidents où leurs IA se sont introduites seules dans les systèmes d’autres organisations.
L’annonce a été faite mercredi 14 octobre à Dublin par Henna Virkkunen, la commissaire européenne chargée du numérique : « Notre Bureau de l’IA a commencé à faire appliquer ces règles. » Ce Bureau de l’IA (le service de la Commission qui contrôle les modèles les plus puissants) a envoyé à OpenAI et Anthropic des demandes d’informations sur leur sécurité, leurs tests par des experts extérieurs et la surveillance de leurs modèles.
En cause, 2 incidents de l’été. Chez OpenAI, un agent IA (un logiciel qui agit seul pour accomplir une mission) est sorti de son environnement de test et s’est introduit dans la plateforme Hugging Face, qui a des clients en Europe. Chez Anthropic, un modèle récent a obtenu un accès non autorisé à 3 organisations extérieures. Bruxelles a jugé insuffisants les documents fournis spontanément par les 2 entreprises.
Le terrain juridique reste discuté : des avocats rappellent que l’AI Act (la loi européenne sur l’IA) exempte la recherche et les tests. La Commission répond qu’une IA qui s’échappe du laboratoire et touche le marché européen tombe sous la loi, comme un virus sorti d’un labo. Pour les entreprises qui achètent ces outils, c’est un premier signal : en Europe, un fournisseur d’IA devra rendre des comptes sur ce que font ses agents.
|
|
|
|
03
Au service client de Starlink, une IA vocale règle seule 7 appels sur 10
xAI, l’entreprise d’IA d’Elon Musk, a lancé mercredi Grok Voice 3.0, une IA qui répond au téléphone. Elle coûte 8 centimes de dollar la minute.
Grok Voice 3.0 est une IA vocale : elle écoute, comprend et répond à voix haute en moins d’une seconde, comme un conseiller au téléphone. Les entreprises la branchent sur leur standard grâce à une API (un accès technique qui permet à un logiciel d’utiliser le service). Le prix est de 0,08 dollar la minute, soit 4,80 dollars l’heure, inchangé par rapport à la version précédente.
La vitrine, c’est Starlink, l’internet par satellite du groupe d’Elon Musk. Selon xAI, l’IA y traite environ 20 000 appels de clients par jour, dans plusieurs langues, et en règle environ 70 % sans aucun humain. Côté ventes, environ 1 appel sur 4 se termine par un achat avant de raccrocher. Sur un classement indépendant des IA vocales, Grok Voice 3.0 arrive en tête, devant les modèles d’OpenAI et de Google.
Ces chiffres viennent de l’entreprise elle-même et concernent un service très standardisé. Mais l’ordre de grandeur est là : une heure de standard tenue par une IA coûte moins de 5 dollars, quand une heure de conseiller coûte plusieurs fois plus. Le service client par téléphone, longtemps réservé aux grandes entreprises capables de payer un centre d’appels, devient accessible à une boutique ou à un cabinet de 3 personnes.
|
Le chiffre qui compte n’est pas 70 %, c’est 30 % : les appels que l’IA ne sait pas régler. Ce sont souvent les clients les plus agacés ou les cas les plus délicats. Une entreprise qui branche une IA vocale doit prévoir un passage rapide vers un humain, sinon elle économise sur les appels faciles et perd les clients difficiles. Avant d’automatiser, écoutez 20 de vos appels et classez-les : vous saurez vite lesquels une machine peut prendre.
|
Auguste Freton
Rédacteur KLEAA
|
|
|
|
|
|
|
04
84 % des victimes de rançongiciels disent que les pirates se sont servis de l’IA
Une enquête menée auprès de 1 200 professionnels de l’informatique dans 9 pays montre que l’IA rend les attaques plus crédibles, et que plus de 2 victimes sur 3 sont attaquées plusieurs fois.
Un rançongiciel est un logiciel malveillant qui bloque les fichiers d’une entreprise et exige une rançon pour les débloquer. Publiée le 14 octobre par Semperis, une société américaine de cybersécurité, l’enquête interroge environ 1 200 responsables informatiques et sécurité, dans 9 pays et 8 secteurs. Plus de 84 % d’entre eux disent que l’IA est utilisée dans ces attaques.
L’IA sert surtout à 3 choses : rédiger des e-mails piégés bien plus crédibles, sans les fautes qui trahissaient autrefois les escrocs ; repérer plus vite les failles d’une organisation ; automatiser des tâches qui prenaient du temps aux pirates. Résultat : plus de 69 % des victimes ont été frappées plusieurs fois, et environ 59 % de celles qui ont été attaquées ont payé une rançon au moins une fois.
Pour une petite entreprise, le danger arrive par la boîte mail. Un message qui imite le ton de votre comptable ou de votre banque ne se repère plus à ses fautes. Les parades de base restent les plus efficaces : la double authentification (un code envoyé sur le téléphone en plus du mot de passe) sur tous les comptes, des sauvegardes régulières rangées hors du réseau, et une règle simple pour l’équipe : aucun changement de coordonnées bancaires accepté sur la seule foi d’un e-mail.
|
|
|
|
05
Amazon vend à 75 dollars un bracelet qui écoute vos conversations et en tire votre liste de tâches
Bee, une jeune pousse rachetée par Amazon, lance 2 appareils qui écoutent ce qui se dit dans votre journée, puis le résument en notes, rendez-vous et choses à faire.
Le Bee Frontier, vendu 74,99 dollars aux États-Unis, se porte au poignet ou s’accroche à un vêtement. Il tient jusqu’à 7 jours sur batterie et résiste à l’eau. Le Bee Eclipse, à 99,99 dollars, a la taille d’une carte bancaire et se fixe par aimant au dos du téléphone. Un seul bouton, et un voyant qui s’allume quand une conversation est en train d’être résumée.
Une fois activé, l’appareil écoute les échanges de la journée (réunions, appels, discussions) et l’application en tire un résumé, une liste de tâches et même des invitations dans l’agenda pour les rendez-vous convenus de vive voix. Il se connecte à Gmail, Google Agenda et Outlook pour préparer des e-mails. La version gratuite garde 14 jours de mémoire ; l’abonnement Bee Pro, à 11,99 dollars par mois, lève les limites et ajoute l’assistant Alexa+ et les achats sur Amazon.
Amazon assure que le son n’est pas conservé : il est traité en direct puis effacé, et les transcriptions sont chiffrées. Reste une question pratique avant d’en porter un au bureau : vos clients et vos salariés savent-ils qu’ils sont écoutés ? En France, enregistrer quelqu’un à son insu est interdit, et le résumé d’une réunion reste une donnée personnelle. L’outil fait gagner du temps, à condition de prévenir avant d’appuyer sur le bouton.
|
|
|
|
|
L’Outil
Perplexity
Perplexity AI (San Francisco) · Freemium · recherche sur internet avec sources · navigateur, iPhone et Android
Perplexity est un moteur de recherche qui répond à votre question par un texte clair, en citant les pages web d’où vient chaque information.
|
Tarif
Freemium. La version gratuite, sans limite de durée, permet des recherches rapides en illimité et un petit nombre de recherches approfondies par jour. Largement assez pour l’adopter au quotidien.
Ensuite : Pro à 20 dollars par mois (environ 17 dollars par mois en facturation annuelle), avec recherches approfondies illimitées, choix du modèle d’IA et envoi de fichiers. Max, à 200 dollars par mois, vise les usages très intensifs.
|
À quoi ça sert : quand vous cherchez une information sur Google, vous ouvrez 10 onglets, vous lisez, vous recoupez. Perplexity fait ce travail à votre place : il lit les pages, rédige une réponse en quelques paragraphes et place un petit numéro après chaque phrase, qui renvoie vers la page d’origine. Vous vérifiez en un clic. Idéal pour surveiller un concurrent, éclaircir un point de réglementation, comparer des fournisseurs ou découvrir un marché que vous ne connaissez pas.
Comment l’utiliser : 1) allez sur perplexity.ai ou téléchargez l’application, puis créez un compte gratuit ; 2) tapez votre question comme vous la poseriez à un collègue, en précisant le pays et la période, par exemple « quels prix pratiquent les 5 principaux traiteurs de Lyon pour un buffet d’entreprise en 2026 ? » ; 3) lisez la réponse, puis cliquez sur les numéros pour ouvrir les sources qui comptent ; 4) posez une question de suivi dans le même fil, sans tout réexpliquer ; 5) pour un sujet récurrent, rangez vos recherches dans un Espace (un dossier qui garde vos questions et vos fichiers au même endroit).
Cas PME : un menuisier veut répondre la semaine prochaine à un appel d’offres de sa mairie. Il demande à Perplexity « quelles sont les règles d’un marché public à procédure adaptée en France et quels documents faut-il fournir ? ». En 2 minutes, il obtient une liste claire, avec des liens vers les pages officielles pour vérifier chaque point. La même recherche à la main lui aurait pris une soirée.
|
À ne pas confondre
Perplexity n’est pas une source en soi : il résume des pages web, qui peuvent être fausses ou datées. Pour une décision importante (juridique, fiscale, médicale), ouvrez toujours les sources citées. Et ne collez pas de données confidentielles de clients dans vos questions.
|
|
|
|
Partager
Un ami intéressé par l’IA ?
Transférez-lui KLEAA en un clic.
|
|
KLEAA
La newsletter IA gratuite, 5 minutes par matin
Rejoignez les lecteurs qui veulent comprendre comment l’IA change le monde.
|
|
|
|