Les salariés qui parlent de l’IA au travail en disent maintenant surtout du mal
Glassdoor est un site où les salariés notent anonymement leur employeur. En analysant ce que les Américains y écrivent sur l’intelligence artificielle, l’entreprise constate que les commentaires positifs sont passés de 81 % en 2019 à 43 % aujourd’hui.
Glassdoor a passé au crible les avis déposés par des salariés américains entre juin 2025 et mai 2026. Le nombre de commentaires qui mentionnent l’intelligence artificielle a bondi de 240 % en un an. Le ton, lui, s’est inversé : 53 % de ces mentions sont désormais négatives, contre 43 % de positives, alors qu’elles étaient positives à 81 % en 2019.
Les griefs sont précis et se répètent. La peur de perdre son poste pèse 20 % des commentaires négatifs, l’obligation d’utiliser un outil imposé d’en haut 14 %, la surveillance du travail 10 %, et les objectifs de productivité jugés irréalistes 8 %. La fracture interne est nette : les dirigeants figurent parmi les plus enthousiastes, les gestionnaires de sinistres en assurance parmi les plus hostiles, à 98 % de commentaires négatifs. Les femmes sont nettement plus critiques que les hommes, 32 % d’avis positifs contre 45 %.
Un chiffre mérite l’attention de quiconque dirige une petite structure : dans les entreprises de moins de 200 personnes, 51 % des mentions sont négatives, contre 67 % au-delà de 10 000 salariés. La proximité amortit, elle n’immunise pas. Et ces avis sont publics : ils sont lus par les candidats avant un entretien. Déployer un outil sans expliquer à quoi il sert, ni ce qu’il ne servira pas à faire, se paie désormais deux fois, en adoption interne et en réputation d’employeur.