Le FMI estime que l’IA peut ajouter un demi-point de croissance mondiale par an, et s’en inquiète
Kristalina Georgieva, directrice du Fonds monétaire international (l’institution qui surveille la santé financière des pays), a salué hier le poids de l’IA dans l’économie. Dans la même intervention, elle a averti qu’un retournement du secteur toucherait le monde entier.

Le chiffre avancé est important : grâce aux investissements massifs dans les puces, les centres de données et les logiciels, l’IA pourrait apporter « jusqu’à un demi-point de croissance mondiale supplémentaire par an ». Pour se représenter l’ordre de grandeur, l’économie mondiale grandit d’environ 3 % par an : l’IA pourrait en représenter à elle seule près d’un sixième.
C’est précisément ce poids qui inquiète. « Un ralentissement dans ce secteur se ferait sentir dans le monde entier », prévient la directrice du FMI. Si les investisseurs perdaient confiance et retiraient leur argent de l’IA, ce retrait pourrait menacer la stabilité financière. Autre tension relevée : les géants de l’IA empruntent des sommes colossales pour construire leurs centres de données, et ces emprunts entrent en concurrence avec ceux des États sur les marchés.
Quand l’institution chargée d’éteindre les incendies financiers parle de l’IA comme d’un moteur et comme d’un risque, c’est que le secteur est devenu trop gros pour être un simple sujet tech. Pour une entreprise, la leçon est pratique : ne pas bâtir tout son fonctionnement sur un seul fournisseur d’IA dont les prix et la santé financière dépendent de l’humeur des marchés.