Faute d’électricité, les centres de données de l’IA se branchent sur de vieux moteurs d’avion
Plutôt que d’attendre des années un raccordement au réseau, des géants de l’IA produisent leur propre courant avec des réacteurs d’avion reconvertis. C’est plus rapide, mais moins efficace et plus polluant.

Un centre de données (le bâtiment rempli de serveurs où tournent les IA) consomme autant d’électricité qu’une ville moyenne. Or le réseau ne suit pas : dans le nord de la Virginie, la première région au monde pour ces bâtiments, il faut compter environ 7 ans pour obtenir un raccordement de 100 mégawatts, selon l’Agence internationale de l’énergie. Avec des moteurs d’avion transformés en générateurs au gaz, un site peut tourner en 24 mois environ.
Les exemples se multiplient. xAI, l’entreprise d’IA d’Elon Musk, a installé 8 turbines de ce type dans le Mississippi pour alimenter Colossus 2, son centre de données de Memphis. Crusoe, qui construit le grand site d’OpenAI à Abilene, au Texas, a commandé en avril 13 unités à ProEnergy, une société qui reconditionne des moteurs General Electric d’anciens Boeing. À l’inverse, Microsoft a renoncé à un centre de données en Angleterre, parce que le réseau local ne pourra pas l’alimenter avant les années 2030.
Ces moteurs ont un défaut : ils produisent moins d’électricité pour la même quantité de gaz, il en faut donc davantage, avec plus d’émissions. L’administration Trump encourage pourtant les centres de données à produire leur propre courant. Pour beaucoup d’experts, c’est une solution d’attente : l’électricité, plus que les puces, est devenue le vrai frein de la course à l’IA.