En Corée du Sud, près de la moitié des nouvelles IA sont construites sur un modèle chinois
Les entreprises coréennes bâtissent de plus en plus leurs outils d’IA sur des modèles chinois (le « moteur » d’IA sur lequel on construit un outil), surtout Qwen, d’Alibaba. Raison principale : ils sont gratuits et bien moins chers à faire tourner.

Le centre de réflexion Rockbridge Network Korea a passé au crible 1 845 IA publiées par des comptes coréens entre janvier et août sur Hugging Face (la grande bibliothèque en ligne où l’on partage ces modèles). Résultat, rendu public le 25 octobre : 49,3 % reposent sur un modèle chinois, 35,9 % sur un modèle américain et seulement 14,9 % sur un modèle coréen. La part chinoise était de 1,2 % en 2023 et de 22 % en 2025.
Qwen, la famille de modèles gratuits d’Alibaba, sert à elle seule de base à 864 de ces IA, soit 46,8 %. Loin derrière viennent Gemma, de Google (14,7 %), Llama, de Meta (13,8 %), et EXAONE, du coréen LG (9,3 %). La raison est d’abord le prix : pour produire du texte, un modèle chinois coûte environ 34 fois moins cher qu’un modèle américain de pointe. Sur une série de tests complète, l’écart tombe à environ 4 fois, mais reste net.
Les entreprises qui les utilisent restent pourtant méfiantes. Sur 102 PME coréennes interrogées, 80,2 % craignent des fuites de données et 67,7 % un manque de transparence sur l’usage des données personnelles. Le même arbitrage arrive en Europe : derrière beaucoup d’outils bon marché se cache un modèle chinois. Savoir d’où vient le moteur, et où passent les données, fait désormais partie du choix d’un outil.