Delos lève 10 millions d’euros pour installer des employés IA dans les entreprises
La jeune pousse parisienne ne vend pas un logiciel mais des collaborateurs artificiels, chacun avec un prénom, une fonction et un périmètre. Elle revendique plus de 300 entreprises clientes et vise les États-Unis.

Le tour de table, annoncé cette semaine, est mené par Bpifrance, C4 Ventures et Founders Future. Le produit s’appelle Worker et la différence avec un agent IA ordinaire tient à la mise en scène : au lieu d’un assistant que l’on relance pour chaque tâche, chaque Worker reçoit un nom, un poste et un domaine d’expertise, puis travaille en continu comme un membre de l’équipe. L’entreprise en revendique environ 2 000 en fonctionnement, déployés chez plus d’une dizaine de grands comptes et d’entreprises de taille intermédiaire, surtout aux achats, dans les équipes commerciales et à la facturation.
Les chiffres donnent la mesure de l’appétit du marché : les revenus récurrents sont passés de 2,5 à 5 millions d’euros en trois mois, avec un objectif de 10 millions à la fin de l’année. Les 10 millions levés doivent financer l’ouverture américaine. Ce n’est pas une licorne, et c’est précisément ce qui rend le cas intéressant : une société française de taille modeste vend aujourd’hui des heures de travail, pas des licences.
Le glissement est celui du modèle économique de tout le secteur. On ne facture plus un outil que vos équipes doivent apprendre, on facture une fonction déjà remplie. Un dirigeant n’a pas besoin d’attendre une offre équivalente pour s’en inspirer : la bonne méthode consiste à repérer la tâche répétitive et mesurable de votre semaine, relance de factures impayées, tri des demandes entrantes, mise à jour du fichier clients, et à la confier d’abord à un seul assistant, avec un résultat chiffré à contrôler au bout d’un mois.