Chez Proton, des salariés vont repasser un entretien sur l’IA pour garder leur poste
L’entreprise genevoise qui édite la messagerie chiffrée Proton Mail réévalue ses équipes selon leur usage de l’IA. Les entretiens auront lieu du 4 au 11 novembre.

Proton, connue pour sa messagerie chiffrée Proton Mail et son VPN (un service qui masque votre connexion), a écrit lundi à ses salariés. Dans ce courriel interne, qui a fuité dans la foulée, la direction annonce qu’une partie des employés va être « réinterrogée » sur la façon dont elle utilise l’IA au travail. Les entretiens ne seront pas menés par leur propre responsable, mais par des dirigeants d’autres équipes, choisis parce qu’ils maîtrisent bien ces outils.
Le courriel ne cache pas l’enjeu. Ces entretiens sont qualifiés de « lourds de conséquences » et nourriront une revue plus large de l’organisation et des talents. À la clé, des changements de rôle, de responsabilités, et parfois la question du maintien dans l’emploi. Le patron, Andy Yen, avait ouvert le bal en interrogeant lui-même plus de 40 cadres des équipes techniques et produit. Tous les salariés ne passeront pas l’exercice.
Proton dément se servir de l’IA comme prétexte pour licencier et promet d’annoncer les décisions à chacun, une fois qu’elles seront prises. L’entreprise reconnaît que la démarche crée de l’incertitude. Jusqu’ici, la maîtrise de l’IA servait surtout de critère pour embaucher. Chez Proton, elle devient un critère pour rester.