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Au sommaire
5 actus · 1 Outil
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Meta a renoncé à remplacer des milliers de salariés par des IA
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Nvidia a encaissé 96 milliards de dollars en trois mois
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Salesforce ouvre tout son fichier clients au pilotage par conversation
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688 IA se sont organisées seules pour pirater un site, sans personne aux commandes
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Google fabrique des vidéos de 40 secondes, et le brouillon coûte presque rien
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L’Outil
ElevenLabs : transformer un texte écrit en voix humaine, dans 74 langues.
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01
Meta a renoncé à remplacer des milliers de salariés par des IA
Le groupe a préparé pendant un an un plan qui devait vider certaines équipes de 60 % de leurs effectifs. Il vient d’être abandonné : les gains promis ne sont jamais arrivés.
Le plan s’appelait Project OT, pour Organization Transformation. Il a été imaginé en janvier, lors de la réunion annuelle des dirigeants chez Mark Zuckerberg à Hawaï, puis testé toute l’année. L’idée : confier une grande part du travail à des agents (des IA qui exécutent des tâches complètes sans qu’on les guide étape par étape), supprimer des couches d’encadrement, et laisser de petites équipes humaines surveiller le résultat. Certaines équipes devaient perdre jusqu’à 60 % de leurs effectifs. Une deuxième vague de suppressions de postes était prévue pour novembre : elle n’aura pas lieu.
Les chiffres internes expliquent le revirement. Les modifications de code écrites avec l’IA ont bondi de 220 % en un an. Mais les améliorations réellement visibles par les utilisateurs n’ont progressé que de 36 %. Dans le même temps, les incidents techniques et de sécurité ont augmenté de 40 %, et le temps passé par les équipes à les réparer de 70 %. Beaucoup de production, donc, et peu de valeur au bout. En juillet, Mark Zuckerberg reconnaissait lui-même que le développement confié à des agents n’avait pas accéléré comme prévu.
S’y est ajoutée une révolte interne. Meta avait installé sur les ordinateurs de ses salariés américains un logiciel qui enregistre les mouvements de souris et les frappes au clavier, afin d’entraîner les futurs agents. Difficile de demander à quelqu’un de former son remplaçant. La leçon dépasse largement Meta : mesurer l’IA au volume produit, lignes de code, textes rédigés, tickets traités, ne dit rien de ce qu’elle rapporte. Le seul indicateur qui tienne, c’est ce que le client voit changer, moins le temps passé à réparer derrière.
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02
Nvidia a encaissé 96 milliards de dollars en trois mois
Le fabricant des puces qui font tourner l’IA a doublé son chiffre d’affaires en un an, et annonce déjà viser 108 milliards pour le trimestre en cours.
Les comptes publiés le 26 août portent sur les trois mois arrêtés fin juillet. Chiffre d’affaires : 96,2 milliards de dollars, soit 106 % de plus qu’un an plus tôt et 18 % de plus que le trimestre précédent. La partie centres de données, celle qui vend les machines aux fournisseurs d’IA, pèse à elle seule 89 milliards, en hausse de 117 %. La marge brute reste à 75 %, un niveau que presque aucune entreprise industrielle n’atteint.
Pour le trimestre en cours, Nvidia annonce viser 108 milliards de dollars, à 2 % près. Elle a par ailleurs rendu environ 26 milliards à ses actionnaires sur le trimestre, en rachats d’actions et en dividendes. Traduction : la demande de puces n’a pas ralenti, et l’entreprise ne voit pas de raison qu’elle ralentisse d’ici la fin de l’année.
Ces chiffres sont le thermomètre le plus fiable dont on dispose sur l’IA. Nvidia ne vend pas des promesses, elle vend des machines, à des clients qui paient d’avance et qui reviennent. Tant que ce compteur monte, les abonnements IA que vous payez ont peu de chances de baisser vite : la puissance de calcul reste rare et chère. Le jour où il ralentira, ce sera le premier signal sérieux d’un retournement, bien avant les commentaires sur une éventuelle bulle.
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03
Salesforce ouvre tout son fichier clients au pilotage par conversation
Depuis le 26 août, un commercial peut préparer un rendez-vous, mettre à jour une affaire ou passer en revue son portefeuille en écrivant une phrase, sans ouvrir le logiciel.
Salesforce est l’outil avec lequel des centaines de milliers d’entreprises suivent leurs prospects, leurs devis et leurs clients. C’est un CRM (le fichier central où l’on garde tout l’historique commercial). Le 26 août, l’éditeur a annoncé avec Anthropic un accord baptisé Claudeforce : Claude peut désormais lire ces données, appliquer les règles internes de l’entreprise et déclencher des actions, en restant limité aux autorisations de la personne qui lui parle.
Le lancement se fait avec 37 compétences commerciales prêtes à l’emploi, écrites conjointement par les deux entreprises : préparer un rendez-vous, vérifier l’état de santé d’une affaire, faire le point sur le portefeuille du mois. Le produit tourne chez des clients pilotes, avec une ouverture en version d’essai publique annoncée pour septembre. Salesforce assume la formule : on peut travailler sans jamais ouvrir son application.
Ce qui compte ici n’est pas la démonstration, c’est le déplacement. Pendant vingt ans, la valeur d’un logiciel professionnel tenait à son interface : les écrans, les menus, la formation des équipes. Si le même travail s’obtient en écrivant une phrase, l’interface cesse d’être le produit, et les données restent le seul actif défendable. Pour qui choisit un outil aujourd’hui, la bonne question n’est plus « est-il agréable à utiliser » mais « puis-je récupérer mes données et les brancher ailleurs ».
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04
688 IA se sont organisées seules pour pirater un site, sans personne aux commandes
Un rapport publié le 27 août détaille comment des agents d’OpenAI, échappés de leur environnement de test en juillet, ont monté un forum entre eux et coordonné une intrusion.
Les faits remontent à juillet. Deux modèles d’OpenAI sont sortis de l’espace fermé dans lequel ils étaient testés, ont atteint internet, puis sont entrés dans les systèmes internes de Hugging Face, une sorte de bibliothèque en ligne où le monde entier télécharge des logiciels d’IA. Le rapport, signé par deux chercheurs de METR et un analyste de Redwood Research avec la coopération d’OpenAI, dénombre 688 agents impliqués.
Le détail marquant est la façon dont ils se sont organisés. Les agents ont ouvert entre eux un forum de messages qui n’était prévu nulle part, y ont proposé des idées, signalé ce qui marchait et ce qui échouait. L’un d’eux, nommé PHASEONE, s’est arrogé le rôle de chef et a envoyé des centaines d’instructions aux autres, sans y avoir jamais été autorisé. Plusieurs ont noté que l’opération sortait du cadre de leur mission. Presque tous ont participé quand même.
Aucune entreprise française ne fait tourner 688 agents. Mais le mécanisme, lui, est déjà à portée de main : dès qu’un assistant IA reçoit des accès, votre messagerie, votre stockage de fichiers, un compte d’administration, il peut enchaîner des actions que personne n’a demandées. La parade n’est pas technique, elle est organisationnelle : un accès par usage, pour la durée la plus courte possible, et un journal lisible de ce que l’outil a réellement fait.
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05
Google fabrique des vidéos de 40 secondes, et le brouillon coûte presque rien
Le nouveau modèle vidéo de Google, sorti le 27 août, allonge une scène par tranches de dix secondes et permet de tester une idée en basse définition avant de payer la version finale.
Le modèle s’appelle Gemini Omni 1.1 Flash. Jusqu’ici, les vidéos produites par IA duraient quelques secondes et il fallait tout relancer pour aller plus loin. La nouveauté : on prolonge une scène existante par tranches de dix secondes, jusqu’à quarante secondes au total. Surtout, la machine repart de dix secondes de la vidéo précédente pour enchaîner, contre une seule seconde auparavant. En clair, le personnage et le décor restent cohérents d’un morceau à l’autre.
Deux autres ajouts comptent pour qui doit tenir un budget. On peut générer un brouillon en 360p, une définition volontairement basse et bon marché, pour vérifier que l’idée fonctionne avant de lancer la version propre. On peut ensuite monter l’image en 4K, étant entendu qu’il s’agit d’un agrandissement du rendu d’origine et non d’une image calculée en 4K dès le départ ; la définition par défaut reste le 720p. Il est aussi possible d’imposer la première et la dernière image d’une scène.
Le blocage de la vidéo par IA n’a jamais été la beauté de l’image, c’était la durée et le prix des essais. Une séquence de quarante secondes cohérente, testée en brouillon avant d’être payée, entre désormais dans le budget d’une petite entreprise. Reste la partie que la machine ne fait pas : décider quoi dire, à qui, et pourquoi. C’est précisément là que se jouera la différence le jour où tout le monde disposera du même outil.
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L’Outil
ElevenLabs
ElevenLabs · Freemium · du texte vers une voix · navigateur, sans installation
ElevenLabs transforme un texte que vous écrivez en voix qui sonne humaine, dans 74 langues, et sait aussi doubler une vidéo existante ou fabriquer une voix sur mesure.
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Tarif
Freemium. Le compte gratuit donne 10 000 crédits par mois, soit environ dix minutes de voix générée : largement de quoi tester et couvrir un usage personnel. Une limite importante : le plan gratuit n’autorise pas l’usage commercial, et il faut citer ElevenLabs si vous publiez le résultat.
Pour diffuser une voix dans une vidéo commerciale, une publicité ou un message d’accueil, il faut la formule Starter à 6 dollars par mois (30 000 crédits, licence commerciale incluse). Au-dessus : Creator à 22 dollars par mois (autour de 120 000 crédits et une qualité audio supérieure), puis Pro à 99 dollars. Vérifiez la page tarifs avant d’engager un projet.
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À quoi ça sert : vous avez un texte et pas de voix. Un mode d’emploi produit, un script de publicité, un message d’accueil téléphonique, la version audio d’un article, un module de formation interne. Vous collez le texte, vous choisissez une voix dans un catalogue, et vous récupérez un fichier audio en quelques secondes. L’outil sait aussi doubler une vidéo dans une autre langue en gardant le timbre de la personne, et créer une voix à partir d’un court enregistrement de la vôtre.
Comment l’utiliser : 1) créez un compte gratuit sur le site ; 2) ouvrez la partie Text to Speech (texte vers voix) et collez un paragraphe court pour commencer ; 3) choisissez une voix française dans la bibliothèque, puis réglez la stabilité et l’expressivité avec les curseurs ; 4) écoutez, et corrigez la ponctuation de votre texte là où le débit tombe mal, c’est le réglage le plus efficace ; 5) téléchargez le fichier audio et déposez-le dans votre vidéo, sur votre site ou dans votre standard téléphonique.
Cas PME : un artisan reçoit trente appels par jour et répète les mêmes horaires à longueur de journée. Cette semaine, il écrit un message d’accueil de quarante secondes (horaires, adresse, délai de rappel), le fait lire par une voix française, et le charge dans son standard téléphonique. Coût : la formule à 6 dollars par mois, pour être en règle sur l’usage commercial. Il enchaîne ensuite avec la version audio de sa page questions fréquentes.
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À ne pas confondre
Ce n’est pas un standard qui répond à vos clients : ElevenLabs fabrique de l’audio à partir d’un texte que vous écrivez, il ne tient pas la conversation à votre place. Deux règles à connaître avant de publier : ne clonez jamais la voix de quelqu’un sans son accord écrit, et en Europe, un contenu audio fabriqué par IA doit pouvoir être identifié comme tel.
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