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Au sommaire
5 actus · 1 chiffre
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ChatGPT vous suit désormais sur les sites où vous achetez
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Un outil de code par IA envoyait en douce tout le projet de ses utilisateurs
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Alibaba publie un modèle d’images gratuit et en interdit l’usage commercial
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Un modèle chinois de 600 milliards de paramètres arrive à 1 dollar le million de jetons
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Washington et Pékin ouvrent une ligne directe en cas d’accident d’IA
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Le chiffre
1 000 : start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle recensées en France en 2025.
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01
ChatGPT vous suit désormais sur les sites où vous achetez
Une analyse technique publiée ces derniers jours montre qu’OpenAI dépose dans votre navigateur un identifiant qui lui est renvoyé quand vous visitez des sites marchands partenaires. Cela fonctionne même sans être connecté à votre compte.
Le mécanisme est documenté pas à pas. Quand vous ouvrez ChatGPT, un cookie (petit fichier déposé dans votre navigateur pour vous reconnaître d’une visite à l’autre) est créé sous le nom __obi. Ce cookie est ensuite renvoyé à OpenAI dès que vous chargez une page qui a installé son pixel publicitaire (une ligne de code invisible qui signale votre passage à un annonceur). Le chercheur a reproduit l’opération sur un téléphone, puis relevé 936 pixels de ce type répartis sur 1 029 adresses de sites. Son test principal a suivi un même identifiant sur 12 sites marchands, dont des enseignes d’ameublement, de livres, de billetterie et de cours en ligne.
Deux détails comptent plus que le reste. Le premier : l’identifiant reste stable au moins 27 jours, et il fonctionne même si vous n’êtes pas connecté à ChatGPT. Le second : ce qui remonte n’est pas seulement « cette personne est passée ». Ce sont les pages produits consultées, les étapes d’un parcours d’achat, les commandes validées, et parfois des adresses e-mail ou des numéros de téléphone récupérés dans les formulaires de la page. Le dispositif ne concerne aujourd’hui que Chrome : Safari et les navigateurs de l’iPhone bloquent déjà ce type de cookie.
L’enjeu est double. Si vous vendez en ligne, installer ce pixel pour mesurer vos publicités revient à transmettre à OpenAI le détail de ce que font vos visiteurs, avec les obligations d’information et de consentement que cela suppose en Europe. Si vous êtes simplement utilisateur, l’assistant auquel vous confiez vos questions professionnelles dispose désormais d’une vue sur ce que vous regardez ailleurs. OpenAI documente publiquement ce pixel de mesure à destination des annonceurs, mais rien n’en est visible côté utilisateur.
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02
Un outil de code par IA envoyait en douce tout le projet de ses utilisateurs
Z.ai, l’éditeur chinois derrière les modèles GLM, faisait remonter vers un stockage en ligne l’intégralité des dossiers de travail ouverts dans son application. L’entreprise a publié le code de l’outil lundi, en assurant avoir corrigé le problème.
Le 18 septembre, un développeur a publié le résultat de son analyse de ZCode, l’assistant de programmation de Z.ai. Dès que l’utilisateur était connecté, l’application empaquetait le dossier de travail ouvert, y compris l’historique Git complet (la mémoire de toutes les versions passées d’un projet informatique, souvent plus lourde que le projet lui-même), le chiffrait, puis l’envoyait vers le stockage en ligne d’Alibaba. Dans le cas examiné, un projet commercial en cours de 345 mégaoctets avait été comprimé en une archive de 313 mégaoctets contenant 42 411 fichiers, et l’application avait déjà tenté 564 fois de l’expédier.
Deux points aggravent le dossier. L’envoi était actif par défaut, et les réglages censés le désactiver ne l’empêchaient pas. Surtout, la clé de déchiffrement n’appartient qu’à Z.ai : l’utilisateur ne peut donc ni vérifier ce qui est parti, ni contrôler que les fichiers ont bien été supprimés comme l’entreprise l’affirme. Lundi 21 septembre, Z.ai a réagi en publiant le code source de ZCode sous licence libre, dans un dépôt réduit à deux enregistrements, sans historique de développement ni document de sécurité.
L’affaire dépasse un éditeur. Un assistant de programmation tourne sur votre machine avec vos droits : il voit le code, les clés d’accès aux services que vous payez, les identifiants de vos serveurs. La question à poser avant d’installer ce genre d’outil tient en une ligne : qu’envoie-t-il, où, et qui peut le lire. Publier le code après coup permet d’inspecter ce que fait l’application, pas ce que le serveur a déjà conservé.
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03
Alibaba publie un modèle d’images gratuit et en interdit l’usage commercial
Le laboratoire Qwen d’Alibaba a mis en ligne Qwen-Image-2.1, un modèle capable de créer et de retoucher des images, téléchargeable par tous. Sa licence, elle, réserve l’usage à la recherche et à l’évaluation.
Le modèle est sorti le 20 septembre, avec ses poids en téléchargement libre : les poids sont les fichiers qui contiennent tout ce que le modèle a appris, et les récupérer permet de le faire tourner sur sa propre machine, sans passer par un service payant. Il compte 7 milliards de paramètres, réunit dans un seul outil la création d’images à partir d’une phrase et la retouche d’images existantes, produit des visuels jusqu’à 2048 pixels de côté, gère les fonds transparents et accepte jusqu’à dix images de référence en une fois.
Le changement se trouve dans le texte juridique. Toutes les versions précédentes de cette famille étaient publiées sous licence Apache 2.0, une autorisation qui laisse chacun s’en servir librement, y compris pour vendre. Celle-ci passe sous une licence de recherche : l’usage est limité à l’étude et à l’évaluation, et toute exploitation commerciale suppose d’écrire à Alibaba pour obtenir un accord séparé.
La nuance est facile à manquer et coûteuse. Un modèle « ouvert » ne veut pas dire un modèle utilisable dans un produit payant, sur un site marchand ou dans une campagne publicitaire. Avant d’intégrer un modèle téléchargé dans ce que vous vendez, la licence est le premier fichier à ouvrir, avant la démonstration.
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04
Un modèle chinois de 600 milliards de paramètres arrive à 1 dollar le million de jetons
StepFun a ouvert l’accès à Step 5 Preview, conçu pour les tâches longues et automatisées. Son tarif se situe très en dessous des modèles occidentaux de niveau comparable.
L’annonce date du 20 septembre. Step 5 Preview totalise 600 milliards de paramètres (les réglages internes qui stockent ce que le modèle a appris), mais n’en active que 27 milliards pour traiter chaque morceau de texte, ce qui réduit fortement le coût de fonctionnement. Il peut garder un million de jetons sous les yeux en une seule fois : les jetons sont les fragments de mots que les fournisseurs facturent, et un million équivaut à peu près à 750 000 mots, soit plusieurs milliers de pages. Il accepte le texte comme les images.
Le tarif publié est de 1 dollar par million de jetons reçus et 2,70 dollars par million de jetons produits. Un classement indépendant lui attribue un indice d’intelligence de 44, ce qui ne le place pas au niveau des meilleurs modèles américains, mais le situe dans une zone où le rapport entre la qualité et le prix devient difficile à ignorer. StepFun annonce par ailleurs la publication libre des poids du modèle le 15 octobre.
La cible affichée est le travail long : écrire et corriger du code, traiter des dossiers d’analyse financière, enchaîner des tâches pendant des heures sans intervention humaine. C’est précisément l’usage où la facture grimpe, parce qu’un programme autonome relit le même contexte des centaines de fois. À ce niveau de prix, une automatisation qui n’était pas rentable il y a six mois peut changer de signe.
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05
Washington et Pékin ouvrent une ligne directe en cas d’accident d’IA
Lors d’une rencontre dimanche à New York, les États-Unis ont proposé à la Chine un mécanisme d’alerte mutuelle en cas d’incident lié à l’intelligence artificielle. Les deux pays sont convenus d’ouvrir un dialogue dédié.
La rencontre a duré environ huit heures, dimanche 20 septembre à New York, entre le secrétaire au Trésor américain et le vice-premier ministre chinois. La proposition américaine consiste à se prévenir mutuellement lorsqu’un système d’intelligence artificielle provoque un incident sérieux, sur le modèle des canaux d’alerte qui existent déjà en matière nucléaire. Les deux délégations sont convenues de créer un groupe de travail permanent sur le sujet.
Le périmètre a été fixé tout de suite. Les contrôles à l’exportation des puces électroniques sont explicitement exclus de la discussion : la coopération porte sur la sécurité, pas sur le commerce. Le reste du dossier commercial n’a pas avancé, et la trêve douanière entre les deux pays expire le 10 novembre.
Ce point compte au-delà de la diplomatie. Les deux pays qui fabriquent les modèles les plus puissants n’avaient jusqu’ici aucun moyen officiel de se signaler un incident. Pour une entreprise qui s’appuie sur ces outils au quotidien, un canal d’alerte entre les deux capitales est aussi une promesse d’information plus rapide quand un modèle déraille quelque part. Le calendrier, lui, reste suspendu à un dossier commercial qui n’est pas réglé.
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Le chiffre
1 000
start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle recensées en France en 2025
Le chiffre compte des entreprises, pas des salariés ni des euros : il s’agit du nombre de jeunes sociétés françaises dont l’intelligence artificielle est le cœur de l’activité. Quatre ans plus tôt, en 2021, elles étaient 502.
Le mouvement est simple à lire : le nombre a doublé en quatre ans. Il faut toutefois savoir ce que le compteur mesure. Une start-up d’intelligence artificielle, ici, c’est une société récente dont le produit repose sur cette technologie. Cela va du laboratoire qui entraîne ses propres modèles à l’application qui branche un assistant existant sur un métier précis. Le compteur ne dit rien de la taille de ces entreprises, ni de leur chiffre d’affaires, ni de leur survie.
Vu depuis quelqu’un qui construit, ce nombre a deux faces. La première : sur à peu près n’importe quelle idée, il existe déjà en France une société qui la vend, ou qui l’a essayée. Se lancer sans avoir cherché qui occupe le terrain revient à refaire un travail déjà payé par d’autres. La seconde : cette densité est aussi une offre. Les prestataires, les briques à assembler et les profils formés se trouvent désormais sans traverser l’Atlantique.
La conséquence tient en une phrase. Sur un marché où le nombre d’acteurs double en quatre ans, ce n’est plus l’accès à la technologie qui distingue, puisqu’elle est à portée de tout le monde. C’est la connaissance précise d’un métier, d’un client, d’un problème que personne d’autre ne regarde d’aussi près.
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