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Bon lundi à tous.
5 banques percées par une IA en quelques jours. Google qui coupe Gemini aux comptes gratuits. Une fausse photo Airbnb pour soutirer 1 700 dollars. Ce matin, une seule question : quand l’IA devient une arme (ou un produit à péage), qui paie vraiment la facture ?
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Au sommaire
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En Corée du Sud, des pirates ont utilisé une IA pour entrer dans 5 banques en quelques jours
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Google retire ses meilleures versions de Gemini aux utilisateurs gratuits à partir du 9 octobre
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Un hôte Airbnb a tenté de facturer des dégâts inventés grâce à une photo créée par IA
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Amazon met un milliard de dollars sur la table pour faire accepter ses centres de données aux habitants
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Capcom, le studio de Street Fighter, va faire écrire du code et tester ses jeux par une IA
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01
En Corée du Sud, des pirates ont utilisé une IA pour entrer dans 5 banques en quelques jours
Shinhan, l’une des plus grandes banques du pays, a reconnu la fuite des données de 25 000 clients. 4 autres établissements ont suivi, et le président coréen a ordonné une enquête.
Tout est parti de M Shinhan, un site mobile réservé aux courtiers qui vendent les prêts de la banque. Selon la presse coréenne, les pirates n’ont pas forcé un coffre : ils ont lancé un agent IA (un logiciel qui agit tout seul, sans humain derrière chaque clic) qui a essayé des combinaisons en série jusqu’à contourner la vérification d’identité. Résultat : noms, téléphones, revenus annuels et plafonds de prêt d’environ 25 000 clients, plus quelques dizaines de numéros d’identité nationaux.
Le 4 octobre, KB Kookmin, Hana et BNK Busan ont annoncé à leur tour des fuites plus petites (de 11 à 119 clients), et la caisse d’épargne Yegaram environ 40 000. Les enquêteurs ont retrouvé sur un serveur la trace d’un outil en langue chinoise, proche d’ARTEX AI, un logiciel gratuit conçu au départ pour tester la sécurité d’un système (on s’attaque soi-même pour trouver les failles avant les vrais pirates). Le président Lee Jae-myung a exigé une enquête approfondie et les régulateurs ont réuni en urgence les dirigeants du secteur.
La leçon dépasse la Corée. D’après les premiers éléments, les pirates ne visaient pas Shinhan en particulier : leur IA testait des portes au hasard et a trouvé celle qui était mal fermée. Ce type d’outil travaille jour et nuit, sans fatigue et pour presque rien. Un portail partenaire, un vieil espace client ou une page de connexion oubliée deviennent donc des cibles, quelle que soit la taille de l’entreprise qui les a mis en ligne.
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Avant, pirater prenait du temps et des compétences. Aujourd’hui, une IA peut frapper à des milliers de portes en une nuit, avec un outil gratuit. Ce n’est plus réservé aux grandes banques : une PME avec un vieux formulaire en ligne ou un accès partenaire oublié devient une cible aussi facile. La vraie question pour une entreprise n’est donc plus « sommes-nous assez gros pour intéresser quelqu’un ? ». C’est : « sait-on exactement ce qui, chez nous, reste accessible depuis Internet ? ».
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Auguste Freton
Rédacteur KLEAA
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02
Google retire ses meilleures versions de Gemini aux utilisateurs gratuits à partir du 9 octobre
Sans abonnement, il ne restera plus que la version la plus légère de l’assistant de Google. Même la formule à 5 dollars par mois perd l’accès au modèle le plus puissant.
Gemini existe en 3 niveaux : Flash-Lite (rapide mais limité), Flash (la version courante) et Pro (la plus capable, celle qui s’en sort le mieux sur les tâches longues et complexes). Jusqu’ici, un compte gratuit pouvait utiliser Flash et, dans une certaine limite, Pro. À partir du vendredi 9 octobre, il n’aura plus que Flash-Lite, selon la page d’aide de Google relayée par la presse spécialisée.
L’offre AI Plus, vendue 5 dollars par mois, garde Flash mais perd Pro, à une date envoyée par e-mail à chaque abonné, sans baisse de prix. Pro reste réservé aux formules AI Pro (20 dollars par mois) et Ultra (de 100 à 200 dollars), qui gagnent au passage le mode Deep Think (une option où l’IA prend plus de temps pour réfléchir avant de répondre).
Google suit le chemin d’OpenAI avec ChatGPT : offrir une version correcte, et faire payer la qualité. Ceux qui utilisent Gemini gratuitement pour rédiger des devis, résumer des contrats ou préparer des présentations risquent d’obtenir des réponses moins fines du jour au lendemain. Mieux vaut tester ses usages habituels avant le 9 octobre, puis décider en connaissance de cause s’ils valent 20 dollars par mois.
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03
Un hôte Airbnb a tenté de facturer des dégâts inventés grâce à une photo créée par IA
En Australie, un propriétaire a envoyé à un voyageur la photo de toilettes qui débordent pour lui réclamer 1 700 dollars australiens. L’image avait été fabriquée avec un outil de Google, qui l’avait marquée d’une signature invisible.
Le voyageur a reçu la demande après son départ : une salle de bains inondée, photo à l’appui. Il a tout de suite douté, et pas seulement parce qu’il assure n’avoir « même pas utilisé de papier toilette ». L’image contenait des incohérences : de l’eau qui coule sans éclabousser, une inondation qui reste sagement dans une seule pièce, une poignée de porte placée à hauteur des yeux.
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Une fausse image de toilettes débordantes générée par l’IA pour escroquer un voyageur Airbnb © Reddit FurinaDeFontaine
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Des internautes ont ensuite repéré dans le fichier un SynthID (une signature invisible que Google glisse dans les images créées ou retouchées par ses outils, comme Gemini). Gemini sait lui-même la détecter. Airbnb a fini par juger la demande irrecevable. L’affaire montre une faiblesse du système : sur la plateforme, une photo sert de preuve principale, et le voyageur n’a que 24 heures pour contester une réclamation.
Le problème touche toutes les activités qui fonctionnent à la photo : assurance, location de matériel, service après-vente, retours de colis. Une image seule ne prouve plus rien. Vérifier la signature d’un fichier, demander une vidéo prise sur place ou plusieurs angles devient une étape normale avant de payer, comme avant d’accepter de rembourser.
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04
Amazon met un milliard de dollars sur la table pour faire accepter ses centres de données aux habitants
Les centres de données (les immenses entrepôts d’ordinateurs qui font tourner l’IA) suscitent une fronde aux États-Unis. Amazon promet de financer études, formations et rénovations autour de ses sites pendant 5 ans.
Le programme a été annoncé le 2 octobre par Amazon Web Services, la branche d’Amazon qui loue de la puissance informatique aux entreprises. Il doit payer des études courtes gratuites dans les community colleges (des établissements publics d’enseignement supérieur de proximité) pour environ 300 000 étudiants, des formations, et des travaux d’isolation, de chauffage ou de panneaux solaires dans les maisons, écoles et bâtiments publics voisins de ses sites.
Amazon s’engage aussi à ne plus faire signer d’accords de confidentialité aux collectivités, à publier chaque année sa consommation d’eau et d’énergie, et à payer son électricité assez cher pour que la facture des habitants n’augmente pas. Le contexte explique ce geste : plus de 100 moratoires (des interdictions temporaires de construire) sont à l’étude dans le pays, par peur de la hausse des factures et de la pression sur l’eau.
Matt Garman, le patron d’AWS, estime que cette opposition menace l’avance américaine dans l’IA. 1 milliard sur 5 ans reste modeste face aux 276 milliards investis par Amazon dans ses centres de données entre 2011 et 2025. Mais le signal est clair : la course à l’IA ne se joue plus seulement sur les puces. Elle se joue aussi commune par commune, avec une nouvelle ligne de dépense que personne n’avait vraiment prévue.
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05
Capcom, le studio de Street Fighter, va faire écrire du code et tester ses jeux par une IA
Le géant japonais du jeu vidéo veut transformer son outil de fabrication de jeux pour travailler « avec l’IA ». Mais il refuse toujours d’utiliser des images ou des décors créés par une IA.
Lors de sa conférence technique annuelle, début octobre, Capcom a présenté REX, un plan pour faire évoluer le RE Engine, le logiciel maison sur lequel le studio a construit près de 30 jeux depuis Resident Evil 7 en 2017. L’idée : que l’IA puisse lire le code existant, écrire de nouveaux programmes et lancer seule des parties de test pour repérer les bugs.
Le studio trace une ligne nette. L’IA servira aux coulisses (programmer, tester, accélérer), pas à ce que voit le joueur : Capcom répète qu’il n’intégrera pas de visuels générés par IA dans ses jeux. « Pas pour créer de l’art, mais pour libérer le potentiel des créateurs », résume l’un de ses vice-présidents. Aucune date n’a été donnée : c’est une feuille de route, pas un lancement.
Ce partage des rôles devient un modèle dans les métiers créatifs. Il rassure les artistes et le public, souvent hostiles aux images d’IA, tout en récupérant du temps là où il se perd vraiment : les tâches répétitives et le contrôle qualité. Une agence, un studio ou une boutique en ligne peut appliquer la même règle : l’IA en cuisine, l’humain en vitrine.
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Le Grand Angle
Fyxer AI trie vos e-mails et prépare vos réponses comme le ferait un assistant
Royaume-Uni · E-mails et réunions · Assistant IA
Fyxer AI est une start-up londonienne qui se branche sur Gmail ou Outlook. Elle range votre boîte par priorité, écrit un brouillon de réponse dans votre style et résume vos réunions. Il ne vous reste qu’à relire et envoyer.
Derrière Fyxer, il y a 2 frères, Richard et Archie Hollingsworth. Avant d’écrire une ligne de code, ils ont dirigé pendant 6 ans la plus grande agence d’assistants de direction du Royaume-Uni : des personnes payées à l’heure pour gérer la boîte mail et l’agenda de dirigeants. Dès le premier jour, chaque assistant devait noter et décrire chacune de ses tâches.
Ces notes, plus de 500 000 heures de travail décrites, sont devenues la matière première de l’IA. Elles disent ce que les clients délèguent vraiment : trier, relancer, répondre aux demandes simples, préparer les rendez-vous. Le logiciel classe donc les messages dans des dossiers, rédige des réponses dans votre style et transforme les visioconférences Zoom, Teams ou Meet en compte rendu avec la liste des actions à faire. Rien ne part tout seul : l’IA prépare, vous validez.
Avant le lancement, les fondateurs ont organisé un match : leur IA contre 10 assistants expérimentés, sur le même tri de boîtes mail. Ils n’ont ouvert le produit qu’une fois l’IA plus précise que les humains, pas simplement aussi bonne. Lancée en mai 2024, l’offre payante (autour de 28 dollars par mois et par utilisateur) dépassait 30 millions de dollars de revenus annuels début 2026, et 90 % des clients payent encore au bout de 3 mois.
La leçon vaut pour beaucoup d’entreprises de service. Une agence, un cabinet ou un service client produit chaque jour la description précise de son propre travail. Noter systématiquement ce que font les équipes, c’est constituer la matière qui permettra demain d’automatiser les tâches répétitives mieux qu’un outil généraliste. Et avant de confier une tâche à l’IA, une règle simple : elle doit faire mieux que l’humain, pas presque aussi bien.
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