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Au sommaire
5 actus · 1 Décryptage
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OpenAI et Anthropic baissent leurs prix le même jour, à une heure d’écart
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Les vendeurs Amazon peuvent désormais piloter leur boutique depuis Claude
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En France, les offres d’emploi en informatique décrochent depuis l’arrivée de l’IA
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YouTube vous laisse écrire vous-même ce que son algorithme doit vous montrer
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Le Royaume-Uni veut proposer ChatGPT à côté de Google dès l’allumage d’un téléphone Android
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Le Décryptage
Hallucination de l’IA (AI hallucination) : quand l’IA invente avec aplomb.
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01
OpenAI et Anthropic baissent leurs prix le même jour, à une heure d’écart
Le nouveau GPT-6 Sol coûte deux fois moins cher que le modèle qu’il remplace, et Claude Opus 5.5 baisse de 20 %. Ce sont les outils construits sur ces IA qui vont en profiter les premiers.
Mardi, Anthropic a présenté Claude Opus 5.5. Environ une heure plus tard, OpenAI dévoilait GPT-6 Sol et GPT-6 Luna. Les deux annonces mettaient en avant le même argument : le prix. Ces tarifs sont ceux de l’API (le branchement qui permet à un logiciel d’utiliser l’IA et de la payer à la quantité de texte traitée), comptée en millions de jetons (des fragments de mots, un million représentant l’équivalent de plusieurs romans).
GPT-6 Sol est facturé 2 dollars par million de jetons envoyés et 10 dollars par million de jetons produits, soit moitié moins que la génération précédente. Sa petite sœur Luna, pensée pour les tâches répétitives comme trier, résumer ou classer, descend à 0,10 et 0,50 dollar, l’un des tarifs les plus bas jamais proposés par OpenAI. Claude Opus 5.5 passe de 5 à 4 dollars en entrée et de 25 à 20 dollars en sortie, et les textes relus à chaque requête (les consignes et documents que l’outil renvoie à l’IA à chaque question) coûtent 60 % de moins. OpenAI affirme aussi que Sol commet environ deux fois moins d’erreurs factuelles que son prédécesseur.
L’abonnement mensuel à ChatGPT ou à Claude ne change pas. Ce qui baisse, c’est le coût de revient de tout ce qui tourne en coulisse : l’assistant de votre site, les automatisations qui trient vos mails, les logiciels métiers qui ont ajouté une fonction « IA ». C’est le bon moment pour demander à vos prestataires combien leur coûte réellement une requête, et si la baisse sera répercutée. Autre réflexe utile : pour les tâches simples, le modèle le moins cher suffit souvent, et l’écart de prix se compte désormais en multiples de vingt.
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02
Les vendeurs Amazon peuvent désormais piloter leur boutique depuis Claude
Un module gratuit relie l’espace vendeur d’Amazon à Claude : stocks, prix, fiches produits et ventes se consultent et se modifient en discutant, sans ouvrir l’interface d’Amazon.
Annoncé hier, ce module (une extension qui donne une nouvelle capacité à un logiciel) branche Seller Central, l’espace où les vendeurs indépendants gèrent leur activité sur Amazon, à Claude et à Quick, l’assistant maison d’Amazon. Le branchement prend environ une minute et ne demande aucune ligne de code. Il est pour l’instant en test dans la boutique américaine, avant une ouverture aux autres pays.
Concrètement, on peut demander à Claude l’état des stocks, les ventes de la semaine ou les indicateurs de performance, puis lui faire ajuster un prix ou corriger une fiche produit. Trois garde-fous encadrent l’ensemble : le vendeur choisit quelles données l’assistant peut voir, chaque action doit être validée par un humain avant d’être exécutée, et un journal garde la trace de tout ce qui a été fait. Amazon précise ne pas voir les autres informations que le vendeur confie à son assistant. Selon l’entreprise, 90 % de ses vendeurs utilisent déjà une IA extérieure pour une partie de leur travail, et les indépendants réalisent plus de 60 % des ventes en volume sur le site. En prime, chaque compte vendeur principal reçoit douze mois d’abonnement gratuit à Quick Plus, à activer avant le 31 décembre.
L’intérêt ne tient pas à la conversation, mais au croisement. Un vendeur peut poser dans la même fenêtre une question qui mêle ses chiffres Amazon, son tableur de marges et ses mails fournisseurs : quels produits se vendent de plus en plus vite alors que le stock baisse. C’est le genre d’analyse qui prenait une matinée. Une précaution s’impose tout de même : garder la validation humaine sur tout ce qui touche aux prix, car une erreur de virgule se paie en commandes.
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03
En France, les offres d’emploi en informatique décrochent depuis l’arrivée de l’IA
Une étude fondée sur les annonces de France Travail montre que les métiers informatiques les plus exposés à l’IA ont perdu 40 à 50 % d’offres par rapport aux métiers qui le sont peu.
Les économistes Marie-Renée Andreescu et Éric Maurin ont suivi les offres d’emploi publiées en France entre fin 2023 et début 2026, c’est-à-dire depuis l’arrivée des assistants IA dans les entreprises. Leur méthode consiste à comparer deux groupes de métiers proches : ceux dont les tâches peuvent être en grande partie confiées à une IA (développeurs, administrateurs de systèmes, analystes de données, support technique) et ceux qui y échappent davantage.
Le décrochage est net. Dans l’informatique et les télécoms, les métiers exposés ont vu leurs offres reculer de 40 à 50 % par rapport aux métiers peu exposés. Le chiffre est relatif : il ne dit pas que la moitié des annonces a disparu, mais que l’écart s’est creusé d’autant entre les deux groupes. L’effet déborde de la tech : sur 125 métiers touchés moins directement, comme la comptabilité ou les ressources humaines, la baisse relative atteint 25 % début 2026. Au total, environ 5 % des offres d’emploi du pays manqueraient à l’appel, et les quelque 1 200 postes créés autour de l’IA sont loin de compenser.
Pour un dirigeant, ce n’est pas une invitation à ne plus recruter de profils techniques, mais un signal sur la nature des postes. Les tâches d’exécution, celles que l’on confiait à un junior, sont les premières absorbées. Les annonces qui résistent demandent de savoir encadrer le travail d’une IA, vérifier ce qu’elle produit et parler au client. Pour les indépendants de ces métiers, la question devient pressante : vendre des heures de production se complique, vendre du jugement beaucoup moins.
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04
YouTube vous laisse écrire vous-même ce que son algorithme doit vous montrer
Avec les flux personnalisés, on décrit en une phrase les vidéos que l’on veut voir, et Gemini, l’IA de Google, compose un onglet sur mesure sur la page d’accueil.
Présentée hier lors de l’événement annuel de YouTube, la fonction s’appuie sur une simple zone de texte. On y écrit ce que l’on cherche, ce qu’il faut éviter et ce qui doit passer en priorité : « des podcasts vidéo pour un trajet de trente minutes », « de longs documentaires pour décompresser le soir », « de nouveaux créateurs de bricolage ». Gemini parcourt ensuite un catalogue de plus de 20 milliards de vidéos pour remplir le flux, que l’on peut enregistrer et retrouver sous forme d’onglet.
On peut créer plusieurs flux, un par humeur ou par moment de la journée. Ils ne remplacent pas la page d’accueil classique, fabriquée par l’algorithme (le programme qui décide quelles vidéos vous proposer à partir de ce que vous avez déjà regardé), ils s’y ajoutent. Le déploiement commence le mois prochain sur ordinateur et mobile, d’abord aux États-Unis. YouTube a aussi élargi « Ask YouTube », qui transforme une question d’achat en comparatif de produits illustré par des vidéos.
Le changement compte pour quiconque publie des vidéos pour faire connaître son activité. Jusqu’ici, être recommandé dépendait surtout du temps de visionnage et des clics. Quand le spectateur écrit lui-même ce qu’il veut, c’est la clarté qui paie : une vidéo dont le titre et la description disent précisément à qui elle s’adresse et quel problème elle règle a plus de chances d’être piochée par l’IA qu’un titre accrocheur mais vague.
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05
Le Royaume-Uni veut proposer ChatGPT à côté de Google dès l’allumage d’un téléphone Android
Le gendarme britannique de la concurrence propose d’ajouter les assistants IA à l’écran où l’on choisit son moteur de recherche, sur Android et dans Chrome, avec un nouveau choix chaque année.
L’autorité britannique de la concurrence a publié hier une version durcie de ses propositions visant Google. À la première mise en route d’un téléphone Android, ou à la première ouverture du navigateur Chrome, l’utilisateur devrait choisir lui-même son service de recherche par défaut dans une liste. Puis il serait invité à refaire ce choix chaque année, pour éviter qu’un réglage fait une fois pour toutes ne profite éternellement au même acteur.
La nouveauté tient à la liste elle-même. Des assistants comme ChatGPT ou Perplexity pourraient y figurer à côté des moteurs classiques, à condition de respecter des critères techniques et de sécurité. Tous les services présents devraient en outre citer clairement les sites dont ils reprennent le contenu, pour que l’utilisateur puisse remonter à la source. Les réponses à la consultation sont attendues d’ici le 9 octobre, pour une décision avant la fin de l’année. Apple n’est pas concerné par ce texte.
L’Union européenne impose déjà un écran de choix des moteurs de recherche depuis 2024, mais sans les assistants IA. Si Londres va au bout, un régulateur reconnaîtra officiellement qu’un assistant conversationnel est un concurrent de Google au même titre qu’un moteur. Pour une petite entreprise, l’enjeu est la visibilité : être trouvé ne passera plus seulement par la première page de Google, mais aussi par les sites que ces assistants citent quand ils répondent. D’où l’intérêt de pages claires, à jour et faciles à reprendre.
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Le Décryptage
Hallucination de l’IA (AI hallucination)
Aussi dit hallucination · réponse inventée
C’est quand une IA affirme avec assurance quelque chose de faux : un chiffre, une référence, une citation ou une loi qui n’existent pas, rédigés exactement comme une information vraie.
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En une image
Un GPS trop sûr de lui. Il ne dit jamais « je ne sais pas » : quand la route n’est pas sur sa carte, il en dessine une qui a l’air plausible et vous annonce « tournez à droite » avec la même voix calme que d’habitude. Rien, dans le ton, ne vous prévient que la route n’existe pas.
Votre question → l’IA écrit la suite la plus probable → texte fluide → vrai ou inventé ? aucun signal
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Analogie (pour un enfant de 12 ans)
L’élève qui n’a pas appris sa leçon mais refuse de rendre copie blanche. Il écrit une réponse qui ressemble à une bonne réponse, avec une date précise et des mots savants. Si le professeur ne connaît pas bien le sujet, il n’y voit que du feu. L’élève n’a pas voulu tricher : il a rempli le vide avec ce qui sonnait juste.
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Pourquoi ça compte : un assistant IA ne consulte pas une base de faits vérifiés : il fabrique, mot après mot, la phrase la plus vraisemblable. La plupart du temps, vraisemblable et vrai se confondent. Quand ce n’est pas le cas, l’erreur arrive avec la même assurance que le reste, sans aucun signe d’alerte. En 2024, la compagnie Air Canada a été condamnée à rembourser un client parce que l’assistant de son site avait inventé une politique de remboursement qui n’existait pas : ce que dit votre IA engage votre entreprise. Les modèles récents se trompent moins, et leur donner vos propres documents réduit encore le risque, mais il ne tombe jamais à zéro. La vraie décision est donc de savoir où une erreur coûte peu (un brouillon, une idée de titre) et où elle coûte cher (un chiffre, un prix, une clause, une information de santé), pour réserver la vérification humaine à ces endroits-là.
Exemple en entreprise : une agence de communication de six personnes demande à ChatGPT un article sur une nouvelle réglementation pour le blog d’un client. Le texte est impeccable et cite « une étude publiée en 2025 » avec un pourcentage précis. L’étude n’existe pas. Le client publie, un concurrent le relève sur LinkedIn, et l’agence passe une semaine à s’excuser. La règle qu’elle applique désormais tient en trois lignes : chaque chiffre, citation ou texte de loi doit être ouvert à sa source avant envoi ; on demande à l’IA le lien, puis on clique ; et l’assistant du site d’un client ne répond qu’à partir de ses documents, avec la consigne de dire « je ne sais pas, je transmets à un conseiller » plutôt que d’improviser.
À retenir : une réponse d’IA bien écrite n’est pas une réponse vérifiée : plus elle sonne juste, moins il faut la croire sur parole.
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À ne pas confondre
Information périmée : l’IA vous donne un tarif ou le nom d’un dirigeant qui était exact il y a deux ans. Ce n’est pas une invention, c’est une mémoire arrêtée à une date. Le remède n’est pas le même : il suffit de lui fournir le document à jour.
Mensonge : mentir suppose de savoir la vérité et de vouloir tromper. L’IA ne sait pas qu’elle se trompe et ne cherche rien : elle complète un texte. C’est pour cela qu’on ne peut pas lui demander « es-tu sûre ? » et se fier à la réponse.
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